Association des gens de Herouxville
 La voix du peuple!
 

 
 
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LETTRE

Une sentence pour Wal-Mart

19 juillet 2014 | Monique Foley Québec, le 17 juillet 2014 

On a beaucoup entendu parler de Walmart dernièrement, la Cour suprême a statué contre elle et pour le droit de se syndiquer. La sentence est encore à venir ? La Cour est-elle à la recherche d’une sentence exemplaire ? Parce qu’il faudra aussi montrer le chemin à Couche-Tard et à tous les autres auxquels on n’a pas encore pensé. J’ai une proposition à leur faire ! Wal-Mart étant déclarée coupable d’avoir fermé un magasin dont les employés voulaient se syndiquer, je les condamnerais à rouvrir, à rengager les mêmes personnes avec le même syndicat. Pourquoi ? Parce que c’est ce qui aurait dû se passer si Wal-Mart n’avait pas enfreint la loi. Parce que c’est ce genre de justice que nous voudrions.

 

Sinon, on ne s’en sortira jamais. Wal-Mart recommencera, car elle en a les moyens.


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Hommage à André Perreault

 

OPINION.

Mon cher André, Et si aujourd'hui, c'était à ton tour de te laisser parler d'amour? Ne serait-ce pas le temps du juste retour des choses?

Tes écrits encourageants et stimulants à leur égard ont fait de toi un mécène moral pour tous ces talents locaux, pour la plupart méconnus du public.

Tu as le don d'émerveiller le lecteur par ton écriture musicale et colorée. Tes mots caressent nos émotions. Ta plume enjouée vibre sur le papier, comme l'archet sur les cordes d'un Stradivarius. Ton style imagé et élégant est une mélodie à nos oreilles et un enchantement pour le lecteur, tel un concerto de Mozart.

Ta main agile, reliée à un cœur généreux et un esprit éclairé, sait nous transmettre allègrement les résultats de tes incalculables entrevues.

Portraitiste, tu sais dépeindre avec minutie l'artiste qui prend les couleurs harmonieuses de ton encre enchanteresse.

Peintre paysagiste, tu offres à nos yeux des tableaux vivants et éloquents, nous suggérant une douce pastorale.

Bref, tu es un homme-orchestre, écrivain et musicien dans l'âme, tu as été pendant toute une vie, par tes écrits et ta poésie, une inspiration pour tous les artistes de chez nous, stimulant chez chacun d'eux, l'étincelle endormie.

Je veux te féliciter pour ton dévouement inlassable pendant toutes ces années d'écriture, où tu as utilisé avec à-propos une plume empressée et généreuse.

Merci de ta précieuse collaboration pour la promotion des arts et des lettres de notre magnifique région, où foisonnent de nombreux talents.

Oui, André «C'est à ton tour de te laisser parler d'amour» et tu le mérites tellement.

En espérant que tes chroniques savoureuses fassent pour longtemps encore le régal littéraire hebdomadaire de tous tes lecteurs et lectrices.

Une admiratrice de toujours

Mariette Noël Isabelle

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Sérieux. Quand on a l'intention de....et que l'acte est accomplie ...c'est criminel...tout le monde le sais mais ils font tellement de lois et de structures que les plus averties s'y perde, qu'en pensez vous? Ceci est-il la pointe de l'iceberd pensez-vous ? Je pense que vous avez raison. Comment et que faire de ce manque de respect , au moins si ce n'était que cela,on parle de millions et de petits amis arrogant...qui légalement avec des intentions de mauvaises foi nous berne, on a toujours accepter des montants ou extra raisonnable , mais là on parle de 30% 50% et même 100% plus cher.

Pour le moment au moins ignoré les, un peu de fierté arrête de participer à leur
activitées et de les salué... payez vous au moins ce luxe,sinon on pensera automatiquement que tu fais parti de cette gagne,peut-on parlé de complicité...? je ne sais pas , je ne me souviens plus...    
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Publié le 12 juin 2014 à 10h35 | Mis à jour le 12 juin 2014 à 10h35

Shawinigan et l'accès à l'information

Le directeur des communications, François St-Onge.... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

 

Le directeur des communications, François St-Onge.

PHOTO: STÉPHANE LESSARD, LE NOUVELLISTE

Le Nouvelliste

En septembre 2012 et février 2014, le Conseil de presse du Québec publiait deux études ayant pour titre «Des intrus dans la salle des nouvelles» et «Rapport d'analyse de l'enquête quantitative sur l'indépendance journalistique».

Ces études révèlent les nombreuses difficultés rencontrées par les journalistes en région, souvent empêchés d'accomplir leur tâche convenablement. Difficultés qui ont comme conséquence de priver les citoyens de pouvoir porter des jugements éclairés sur les décisions des conseils municipaux et de restreindre le débat démocratique.

Se pourrait-il qu'en regard de l'accès à l'information, la Ville de Shawinigan ne soit pas un modèle? Laissons parler les faits en commençant par un événement très médiatisé.

Premier événement: entrevue du maire à l'émission Enquête de Radio-Canada (mars 2012) marquée par une fin abrupte rarissime en raison de l'intervention surprenante du directeur des communications de la Ville insatisfait des questions posées par le journaliste.

En plus de faire mal paraître le maire, un excellent communicateur capable de répondre à toutes les questions, cette interruption en ondes a laissé aux téléspectateurs l'impression que la Ville avait des choses à cacher.

Par la suite, est intervenue une saga qui a fait dire au journaliste Alain Gravel que les journalistes qui n'ont fait qu'exercer leur rôle de chien de garde de la démocratie ont été victimes «d'intimidation journalistique».

Encore aujourd'hui, l'intégriste maire de Saguenay a qualifié de façon méprisante les journalistes de «cruches». Il a rétropédalé en remplaçant ce terme peu flatteur par celui pas beaucoup mieux «d'incompétents». Pourtant, sans les reportages et le professionnalisme des journalistes d'Enquête, la commission Charbonneau n'aurait probablement pas vu le jour.

Dans ce contexte d'insultes trop fréquentes et de manquements à la civilité de certains élus envers les journalistes, il s'impose de réfléchir à l'importance de la liberté de presse en démocratie. Cette réflexion pourrait s'inspirer du rappel fait par le Conseil de presse à l'effet que «nul ne peut dicter à la presse le contenu de l'information ni des questions posées sans s'exposer à faire de la censure ou à dicter l'information».

Deuxième événement: interdiction d'accès des journalistes à une séance d'information portant sur les expropriations reliées à l'aménagement du Parc industriel de Saint-Georges (avril 2012). Sans explication, ni justification, cette interdiction arbitraire a été décidée par le directeur des communications de la Ville. Obligeant de ce fait les journalistes présents à attendre à l'extérieur de la salle afin de recueillir l'opinion des participants.

Troisième événement: interdiction faite à un citoyen dans le cadre de la consultation publique portant sur l'élaboration du plan directeur de Lac-à-la-Tortue, Michel Goulet, membre du conseil d'administration de l'Association pour la protection du lac (APL); il s'est vu interdire par le directeur des communications de la Ville de filmer et d'enregistrer la consultation afin d'en faire partager le contenu aux personnes absentes. Le tout via le site internet de l'APL.

Cette décision a été prise en présence de deux conseillers municipaux qui présidaient la rencontre. Par leur silence, malgré l'opposition de participants à la rencontre, il faut présumer qu'ils ont cautionné la décision du directeur.

Quatrième événement: interdiction des journalistes à la rencontre publique tenue à Saint-Georges (juin 2014). Une fois encore, le directeur des communications a pris l'initiative d'interdire l'accès à la salle aux journalistes au motif fallacieux que les médias n'avaient pas été invités. Se pourrait-il que l'ex-journaliste ait oublié que le libre accès des journalistes à l'information et à leurs sources est une condition essentielle à l'existence d'une presse libre et à la satisfaction et au respect du droit du public à l'information?

Se pourrait-il que le directeur des communications ait oublié qu'il est payé par les citoyens pour favoriser leur accès à l'information et non pour servir de garde-fou aux élus en érigeant une muraille de Chine entre les élus et les citoyens ?

Désormais, afin d'éviter d'autres exclusions de journalistes suivies de plaintes de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, ne serait-il pas raisonnable que les décideurs municipaux adoptent des directives claires en matière d'accès à l'information? Malgré ce constat, peu reluisant, l'espoir d'un changement est-il permis?

Je répondrai par l'affirmative en raison du fait qu'à la période de questions suivant les séances publiques du conseil municipal, le maire fait preuve d'écoute attentive. Il répond avec patience et généralement de façon respectueuse aux questions posées par les citoyens. Ce qui augure bien pour l'avenir.

Claude Gélinas

Ex-membre du Conseil de presse

Shawinigan

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La FPJQ dénonce l'exclusion de journalistes d'une séance citoyenne

 

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) – section Mauricie dénonce les restrictions imposées à des journalistes lors d'une rencontre citoyenne à Shawinigan le 5 juin dernier.

FPJQ - Mauricie

L'accès à la salle de rencontre a été refusé à une journaliste de Cogeco Nouvelles et à un journaliste du Nouvelliste, qui ont dû attendre que la rencontre soit terminée pour parler aux intervenants, le directeur des communications à la Ville ayant prétexté que les médias n'avaient «pas été invités».

La FPJQ Mauricie juge inacceptable que l'accès à la salle ait été refusé à des journalistes, spécialement dans le cadre d'un rencontre citoyenne qui est du domaine public et puisque les médias ont pour mandat d'informer la population de ce qui se passe dans leur localité.

De plus, le promoteur d'un important projet discuté lors de cette soirée avait lui-même invité les journalistes à la rencontre.

La FPJQ Mauricie demande à la Ville de Shawinigan et à son élu, Martin Asselin, de voir à ce que la situation soit corrigée et ne se reproduise plus dans l'avenir.

FPJQ Mauricie


 
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Publié le 11 juin 2014 à 09h19 | Mis à jour le 11 juin 2014 à 09h19

Quêteux?

Le Nouvelliste

Il y a un peu plus d'une semaine, le brillant ministre conservateur, Maxime Bernier, a déclaré que les Québécois étaient des quêteux. Selon lui, il faut que le Québec arrête de quêter Ottawa. Cette semaine, Alain Bouchard, grand patron de la chaîne Couche-Tard, en a rajouté en disant que le Québec est sur le BS. Il questionne: «Vous n'êtes pas tannés d'être sur le BS? Vous n'en avez pas assez que le Québec attende son chèque de BS du fédéral?»

Au premier, je répondrai ceci: si le Québec est une province de quêteux pourquoi vos amis du Canada anglais et le gouvernement fédéral, dont vous faites partie, s'agrippent-ils à nous comme des sangsues? Au référendum de 1995, vos copains canadian ont débarqué presqu'à genoux d'un convoi d'autocars nolisés pour nous demander de rester dans la grande famille canadienne. We love you, qu'ils disaient. Quant au gouvernement fédéral, il est allé jusqu'à violer la loi électorale pour acheter le résultat du vote et ainsi fausser un processus qui se voulait démocratique. Eh bien ça, c'est aimer les quêteux!

Quant à Alain Bouchard, je voudrais lui rappeler que si le Québec est une société de BS, il y a aussi une autre espèce qui s'agrippe au jupon de l'État; ce sont des gens qui plutôt que de contribuer leur juste part au fardeau fiscal et ainsi participer à l'effort collectif, préfèrent entasser leur fortune bien au chaud dans les paradis fiscaux. Ceci, bien sûr, tout en profitant à plein de nos services publics et de nos infrastructures. Faut bien utiliser les routes, on peut quand même pas faire rouler une Bentley dans le champ!

Cette autre race dont je parle, ça s'appelle les Bougon. Comme signe distinctif, outre leur air condescendant, on raconte que plusieurs portent la cravate. Au fait, monsieur Bouchard, vos centaines de millions sont où, déjà? En terminant, j'aimerais souligner que côté fric, vous démontrez une certaine constance. Même tarif pour la bière que vous vendez et le salaire de vos employés: le prix minimum permis par la loi.

André Gauthier

Saint-Boniface

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Lettre d'opinion

Shawinigan le 26 janvier 2014

 

Les membres de Shawinigan Citoyens Avertis sont très heureux d’apprendre que le consortium Pluri-Capital et Sotrem s’intéressent au centre de coulée de Shawinigan.

 

Puisque le consortium Pluri-Capital et Sotrem sont des investisseurs, espérons maintenant qu’ils ne demanderont pas de subventions pour maintenir des emplois, car ainsi, ce serait encore nous les citoyens qui devront payer pour maintenir ces quelques emplois tout comme on le voit présentement avec la compagnie Shalwin de Shawinigan sud qui a reçu de grosses subventions de la part de certains organismes paramunicipaux de notre ville.

 

Comme par hasard, monsieur Gilles Champagne, président de Shalwin et monsieur Denis Vincent ont été cité la semaine dernière à la commission Charbonneau pour avoir obtenu des subventions du fond de solidarité de la FTQ-SOLIM dans d’autres dossiers.

 

Diane Borgia

Porte parole du regroupement

ShawiniganCitoyensAvertis.com

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Lettre ouverte au Chef Awashish


© (Photo L'Écho archive)

Chef Awashish

 

Kwei M. le chef Awashish,


Dans une lettre publiée dans l'édition du Nouvelliste du 14 mars dernier et dans celle du Quotidien du 17 mars, vous nous demandez de nous prononcer sur la place que notre parti politique réserve aux Premières Nations, plus précisément à la nation atikamekw.


D’entrée de jeu, nous nous réjouissons de votre intérêt pour l'actuelle campagne électorale. L'implication des Autochtones lors d'un tel exercice démocratique est certainement de nature à favoriser une réflexion approfondie sur les enjeux qui les concernent.


En ce qui a trait au Parti Québécois, soyez rassuré sur le fait que nous réservons une place de choix aux questions autochtones. À ce sujet, nous soulignons que le quatrième engagement de notre Plateforme 2014-2018 s’intitule : « Enrichir notre relation de nation à nation avec les Premières Nations et la nation inuite ».


Comment comptons-nous enrichir concrètement notre relation avec la nation atikamekw ? Parmi les nombreux éléments de réponse à cette question, nous souhaitons attirer votre attention sur les deux suivants : la poursuite active des négociations en vue de signer un traité qui réglera les revendications territoriales des Atikamekw; et la mise en œuvre de mesures destinées à favoriser l’accès à la formation professionnelle des membres de votre nation.


C’est en décembre 2012 que s’est tenu le Sommet sur les territoires et les ressources organisé par l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). La première ministre Pauline Marois avait alors confirmé que son gouvernement ferait de la conclusion d'une entente bilatérale avec la nation atikamekw une priorité.


Une telle entente aurait permis d’octroyer de nombreux avantages aux Atikamekw, en attendant la conclusion d’un traité avec le gouvernement du Canada. Toutefois, malgré les efforts du gouvernement, cette entente bilatérale n’a pu voir le jour car elle n’a pas obtenu l’assentiment des trois communautés atikamekw (deux communautés sur trois l’ont approuvée). C’est donc dire qu’il faut maintenant poursuivre activement les négociations en vue de signer ce traité.


Dans un autre ordre d’idées, bien que la main d’œuvre autochtone représente un potentiel intéressant pour les employeurs, l’accès à la formation professionnelle ou à l’acquisition de compétences demeure ardu pour les membres des communautés autochtones du Québec. La communauté d’Opitciwan ne fait pas exception.


Dans le domaine du développement des compétences et de l’arrimage « main-d’œuvre et employeurs », il existe actuellement au sein du gouvernement du Québec plusieurs programmes visant différents groupes de la société (immigrants, jeunes de moins de 25 ans, familles démunies, etc.). Toutefois, rien n’est fait pour tenir compte spécifiquement de la population autochtone. Pour remédier à ce problème, il faudra envisager diverses mesures, telles que favoriser la participation des Autochtones aux programmes d’Emploi-Québec ou encore développer des programmes de la main d’œuvre adaptés (par exemple, des programmes de formation mobile et de formation à distance).


Si nous sommes élus députés le 7 avril prochain, soyez assuré que nous suivrons ces dossiers de près. Tout comme vous, nous souhaitons encourager la participation des Atikamekw à la gestion des ressources naturelles et au développement socio-économique du Québec, et ce, dans une perspective de collaboration et de respect de vos droits.

André Beaudoin, candidat du Parti Québécois dans Laviolette

Denis Trottier, candidat du Parti Québécois dans Roberval


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Le passage à travers le Québec de l'oléoduc... (Photo: La Presse)

 

Le passage à travers le Québec de l'oléoduc Énergie Est doit interpeller les candidats à l'élection du 7 avril.

PHOTO: LA PRESSE


Le Nouvelliste
 

L'auteur, Jean Baril de Trois-Rivières, est avocat et administrateur du Centre québécois du droit de l'environnement.

Lettre aux chefs des principaux partis politiques québécois.

 

Imaginez-vous à bord de votre autobus de campagne et entreprenez le périple vous faisant suivre le trajet de la portion québécoise du projet de pipeline Énergie Est visant à relier l'Alberta au Nouveau-Brunswick.

 

Vous suivrez ainsi le tracé de plus de 700 kilomètres de canalisations d'un diamètre de 42 pouces, nécessitant une emprise moyenne de 40 mètres et allant de Hawkesbury jusqu'au Témiscouata. Ces canalisations devront traverser 22 rivières, donc certaines des plus importantes du Québec méridional.

 

Le pipeline traverserait le fleuve un peu avant d'arriver à Québec avant de poursuivre sa route vers l'Est. À Cacouna, un parc de réservoirs de stockage permettant d'entreposer 500 000 barils de pétrole serait construit de même qu'un terminal maritime permettant le chargement de pétroliers d'une capacité de 700 000 à 1,1 million de barils de pétrole.

La partie plus «bucolique» de votre parcours vous ferait traverser un certain nombre d'aires protégées ainsi que des habitats fauniques et floristiques désignés, des aires de concentration d'oiseaux aquatiques et des aires désignées d'hivernage des cerfs de Virginie.

 

À Cacouna, le terminal maritime prévu coïncide avec la limite spatiale de la population résidente menacée de bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent et d'autres concentrations de mammifères marins jugés menacés en vertu de lois provinciales ou fédérales.

 

Les impacts de ce projet sur le territoire québécois sont nombreux et variés. En outre, ce projet inscrit le Québec comme un acteur majeur de l'expansion de l'industrie canadienne des hydrocarbures, particulièrement celle des sables bitumineux. Cela même si tous nos récents gouvernements se sont déclarés à l'avant-garde de la lutte mondiale contre les changements climatiques.

 

L'actuelle constitution canadienne fait en sorte que la décision finale sur ce projet interprovincial reviendra au gouvernement fédéral. En revanche, cela n'est pas une raison pour abdiquer et laisser l'évaluation des impacts de ce projet sur le territoire du Québec à l'Office national de l'Énergie de Stephen Harper!

 

Le Règlement québécois sur l'évaluation et l'examen des impacts sur l'environnement assujettit à cette procédure tout nouvel oléoduc de plus de 2 km à être construit au Québec. Le prochain gouvernement québécois devrait immédiatement aviser l'entreprise qu'elle doit préparer une étude d'impacts selon une directive qui lui serait transmise par le MDDEFP.

 

Cette directive devrait inclure la question des impacts du projet sur les GES et sur les objectifs fixés par le Québec en cette matière ainsi que le respect des lois spécifiques au Québec (Loi sur le développement durable, Loi sur l'eau, protection du territoire agricole et de notre biodiversité, etc.).

 

Cette façon de faire amènerait le BAPE à tenir des audiences publiques sur les impacts au Québec de ce projet pancanadien. De telles audiences sont ouvertes à tous sans exception, contrairement à l'ONÉ. Un rapport et des recommandations du BAPE auraient, pour le gouvernement du Québec, un poids politique beaucoup plus fort que les pauvres «conditions» de la dernière commission parlementaire sur le projet Enbridge face au fédéral.

Ce projet exige une affirmation forte de nos compétences sur l'utilisation de notre territoire et l'évaluation de ses impacts selon les procédures québécoises.

 

Pour pouvoir parler des vraies affaires, pour décider avec notre tête s'il faut donner, ou non, le «Go» à ce projet, vous devez être déterminés à exiger de TransCanada qu'elle se plie à la procédure québécoise d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement. Prenez-en l'engagement durant cette campagne!


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Alcan: Est-ce à nous de payer ces frais?

Nous savons de source sûre que quelques 60 emplois seront maintenus pour le centre de coulée d’aluminium Alcan mais avec une diminution de salaire pour le futur entrepreneur s’il obtient de fortes subventions et une entente avec le syndicat.


Présentement, il n’y a aucun entrepreneur qualifié dans le même domaine capable de faire fonctionner un centre de coulée.


Puisque le prix de l’aluminium est en chute, de grosses subventions d’Investissement Québec et du fonds de Gentilly seront nécessaires.


Le para-municipal soit la Société de Développement de Shawinigan (SDS), le Centre Local de Développement (CLD) et la ville de Shawinigan ne doivent pas subventionner ce dossier puisque ce n’est pas aux citoyens d’une municipalité à payer pour ces développements.


La dépollution du site doit être entièrement assumée par Rio Tinto. Nous avons appris de source sûre que Rio Tinto Alcan doit défrayer complètement les coûts de dépollution intérieure et extérieure des bâtiments.  Le ministère du Développement durable n’a pas à diminuer les normes de dépollution.


Après la dépollution, la ville pourra obtenir le site pour 1 dollar et pourra par la suite y installer des PME, ce qui ne coûtera rien aux citoyens.


Par contre, selon l’article de Guy Veillette, dans le Nouvelliste de ce jour, Rio Tinto Alcan pourrait obtenir un reçu de charité qui équivaut à un crédit d’impôt pour la valeur du site, mais de combien?


Il ne faut pas oublier que cette manière de faire consiste à ce que tous les citoyens du Québec payent indirectement la note autant pour l’achat du terrain que pour la décontamination.


Un exemple semblable s’est produit à Shawinigan quand la ville a échangé des terrains de la prise d’eau pour des terrains appartenant à M. Jean Chrétien. Ce faisant, M. Chrétien a reçu un reçu de charité pour un crédit d’impôt de plus de 400,000.


Est-ce vraiment à nous de payer ces frais?


Diane Borgia

 

Porte-parole du regroupement

 

Shawinigan Citoyens Avertis


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Remettre les pendules à l’heure


Voici une lettre d'opinion de Mme Carmen Melançon.


À la suite de l'article paru dans Le Nouvelliste le 9 décembre intitulé «Les travaux à la Belgo traînent en longueur, j’aimerais remettre les pendules à l’heure. A ma connaissance, Abitibi Bowater avait offert à la ville de Shawinigan de lui céder l’usine de papier Belgo pour la modique somme de $1.00 avant qu’elle se place sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.


Avant d’être placé sous la loi, deux promoteurs étaient intéressés avec la collaboration de la ville, pour un centre de serveurs informatiques qui aurait occupé le vaste immeuble de 10,000 mètres carrés (centre d’expédition) et la deuxième usine était des investisseurs pour une usine de cartonnerie. Personne ne peut prétendre le contraire, autrement dit, la ville a manqué le bateau.


Pourquoi déformer la réalité et l’interpréter d’une autre façon, en prétendant que la Société de Développement de Shawinigan a offert d’acheter pour $1.00 le site? Et pourquoi la compagnie aurait refusée puisqu’elle allait faire faillite et se placer sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies?


Carmen Melançon


Shawinigan

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Alcan: Est-ce à nous de payer ces frais?

Nous savons de source sûre que quelques 60 emplois seront maintenus pour le centre de coulée d’aluminium Alcan mais avec une diminution de salaire pour le futur entrepreneur s’il obtient de fortes subventions et une entente avec le syndicat.

Présentement, il n’y a aucun entrepreneur qualifié dans le même domaine capable de faire fonctionner un centre de coulée.

Puisque le prix de l’aluminium est en chute, de grosses subventions d’Investissement Québec et du fonds de Gentilly seront nécessaires.

Le para-municipal soit la Société de Développement de Shawinigan (SDS), le Centre Local de Développement (CLD) et la ville de Shawinigan ne doivent pas subventionner ce dossier puisque ce n’est pas aux citoyens d’une municipalité à payer pour ces développements.

La dépollution du site doit être entièrement assumée par Rio Tinto. Nous avons appris de source sûre que Rio Tinto Alcan doit défrayer complètement les coûts de dépollution intérieure et extérieure des bâtiments.  Le ministère du Développement durable n’a pas à diminuer les normes de dépollution.

Après la dépollution, la ville pourra obtenir le site pour 1 dollar et pourra par la suite y installer des PME, ce qui ne coûtera rien aux citoyens.

Par contre, selon l’article de Guy Veillette, dans le Nouvelliste de ce jour, Rio Tinto Alcan pourrait obtenir un reçu de charité qui équivaut à un crédit d’impôt pour la valeur du site, mais de combien?

Il ne faut pas oublier que cette manière de faire consiste à ce que tous les citoyens du Québec payent indirectement la note autant pour l’achat du terrain que pour la décontamination.

Un exemple semblable s’est produit à Shawinigan quand la ville a échangé des terrains de la prise d’eau pour des terrains appartenant à M. Jean Chrétien. Ce faisant, M. Chrétien a reçu un reçu de charité pour un crédit d’impôt de plus de 400,000.

Est-ce vraiment à nous de payer ces frais?

Diane Borgia

Porte-parole du regroupement

Shawinigan Citoyens Avertis


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Publié le 14 mars 2014 à 09h55 | Mis à jour le 14 mars 2014 à 09h55

Quelle place aux Premières Nations dans l'avenir du Québec?


Le Nouvelliste

Lettre aux candidats de Laviolette Julie Boulet (PLQ), André Beaudoin (PQ), Sylvain Gauthier (CAQ) et Jean-François Dubois (QS)

Dans le cadre de la présente campagne électorale, les questions qui concernent les Premières Nations figurent très loin dans la liste des enjeux. J'en suis bien conscient et n'en suis pas surpris. Je me permets donc de vous écrire afin de vous donner une occasion de vous prononcer publiquement sur la place que vous réservez aux Premières Nations, plus précisément aux Atikamekw; afin que, durant cette campagne, nous soyons un peu moins considérés comme des «peuples invisibles».

Dans votre réponse, je vous invite à préciser la manière dont vous comptez atteindre vos objectifs. Parce que nous connaissons les beaux discours et toutes les bonnes intentions des politiciens. Malheureusement, force est de constater que, depuis 40 ans, au-delà des discours politiques, rien n'a concrètement changé. Encore très récemment, dans le cadre d'une négociation avec le gouvernement du Québec débutée avec les libéraux et poursuivie avec les péquistes, on a pu constater que les gestes ne suivent pas toujours les paroles. Dans notre culture atikamekw, la parole est sacrée et commande le respect.

J'avais donc de grandes attentes, tout comme les membres de ma communauté, à l'égard de cette négociation qui devait nous amener vers une nouvelle relation de nation à nation... pour l'instant, on ne nous offre qu'une simple entente administrative, en précisant que le Québec n'a pas les moyens de répondre à certaines de nos demandes légitimes.

On ne peut pas nous accuser d'être capricieux, ni trop gourmands, nous qui avons subi plus que d'autres le colonialisme et les politiques d'assimilation. La comparaison entre notre condition de vie et celle de la population québécoise est frappante. Un écart important nous sépare, mais peu de personnes semblent s'en émouvoir. Entre autres statistiques:

° Un adulte sur deux est dépendant de l'aide sociale

° Deux femmes sur trois ont un revenu inférieur à 10 000 $

° Le diabète est de deux à trois fois plus fréquent

° Le risque de vivre, dès sa plus jeune enfance, des situations de pauvreté, de négligence et de placement est de trois à cinq fois plus élevé

° L'espérance de vie est de 62 ans

° Un taux critique de surpeuplement

L'injustice qui se perpétue à l'égard des Atikamekw et qui nous maintient dans une situation inéquitable par rapport aux autres Québécois n'est bonne pour personne. Il est plus que temps que les Québécois et les Premières Nations soient de réels partenaires dans le développement de la société. Madame, messieurs, vous devez nous proposer une relation plus porteuse.

Pour commencer, il faudra bien que les représentants de l'État cessent de fermer les yeux sur nos droits ancestraux et notre titre aborigène. Nous n'avons jamais cédé nos droits sur le Nitaskinan, notre territoire ancestral, qui a permis au Québec de s'enrichir alors que ma communauté demeure l'une des plus pauvres du Québec.

Après plus de 40 ans de revendications territoriales non réglées, je crois que notre patience a été largement éprouvée. Nous pouvons retourner devant les tribunaux s'il le faut, mais je préférerais un dialogue constructif et respectueux avec le gouvernement du Québec. Comme chef de ma communauté, je suis disposé à prendre les moyens nécessaires pour conclure des ententes comme celle de La Paix des Braves avec les Cris. Je suis motivé à engager un nouveau dialogue qui permettrait aux Atikamekw de devenir des acteurs du développement économique régional. Car, notre ambition n'est pas de bloquer le développement des ressources, mais d'assurer que ce développement s'effectue en respect de nos droits. Nous-mêmes avons des projets et souhaitons les développer.

J'attends votre réponse avec impatience. Mekwetc.

Christian Awashish

Chef du Conseil des Atikamekw d'Opitciwan

Christian Awashish

Chef du Conseil des Atikamekw d'Opitciwan

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Publié le 28 février 2014 à 09h45 | Mis à jour le 28 février 2014 à 09h45

Pourquoi ce texte?

Légitimes ou non, ces quêtes, oserais-je dire de la vérité, comportent souvent un grand absent, le pourquoi des choses. S'il est invité dans la démarche, tout au plus sera-t-il traité superficiellement, parce qu'il introduit des nuances et induit un délai de réponse difficilement tolérable, en cette ère de consommation rapide de l'information. Pourtant, ce mal-aimé, je parle toujours du pourquoi, constitue la base de toute véritable connaissance. Connaître la cause, la motivation, l'intention de départ, voilà la manière de savoir vraiment et surtout de prévoir adéquatement la suite.Pourquoi suis-je en couple? Pourquoi j'étudie? Pourquoi ai-je des enfants? Pourquoi suis-je heureux ou malheureux?

Le Nouvelliste

Qui? Quoi? Où? Comment? Combien? Curiosité naturelle, inquiétude, voyeurisme, les gens veulent savoir les tenants et les aboutissants d'un incident, d'un accident, d'une situation, d'une action.


Pourquoi ai-je un plan de carrière? Pourquoi je fais du sport? Pourquoi je m'astreins à un régime alimentaire? Pourquoi je veux une grosse maison? Pourquoi suis-je croyant? Pourquoi j'aide les gens dans le besoin? Pourquoi la course à la richesse? Pourquoi les jeunes perçoivent-ils l'école comme un mal plus ou moins nécessaire? 


Si les réponses au pourquoi riment avec avoir beaucoup d'argent, épater la galerie, faire comme tout le monde, parce que je n'ai pas le choix, pour être aimé ou pour quelques autres sombres ou inavouables menées, alors il y a là péril en la demeure.


Un pourquoi bien fouillé simplifie grandement l'actualisation de l'action à venir. Aussi, aurions-nous avantage à inviter régulièrement la démarche scientifique dans nos réflexions. D'abord identifier le problème, le formuler en termes clairs, envisager des hypothèses de solutions, les soupeser et ensuite donner une réponse, ou du moins une orientation, évitant ainsi les faux problèmes, les tonnes de verbiage inutile, les jugements téméraires, le gaspillage de sentiments et le pourrissement des relations interpersonnelles.


La démarche vers la connaissance, pour peu qu'elle soit rigoureuse, porte en elle une immense gratification. Et si cette urgence de savoir des plus jeunes a pour corollaire la facilité d'oublier des aînés, ne vaut-il pas mieux donner de solides assises à la connaissance, dont le pourquoi constitue la première et souvent l'unique clé. Au fait, pourquoi ce texte?


Guy Laliberté


Sainte-Monique-de-Nicolet

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Le propriétaire de Solitaire, Réjean Petiquay, est entouré...

Le propriétaire de Solitaire, Réjean Petiquay, est entouré de Lynda St-André, Mylène Charest, Dave Pelletier, Martine Éthier, Nathalie Girard, Gina Dugas, René Gélinas et Joane Desaulniers.

Le Nouvelliste

Le 16 janvier, à Wemotaci, une élève de l'école Nikanik confie à Lynda, ma collègue de la Maison Nitem, que sa chienne a un os pris dans la mâchoire du bas. Lynda se rend sur place pour juger de la gravité du problème. La chienne se plaint et il y a de l'infection. On doit amener l'animal à la clinique vétérinaire de La Tuque. La chienne est donc prise en charge par la Maison Nitem qui est un organisme à but non lucratif venant en aide à la population canine de Wemotaci.

On demande alors à un enseignant qui partait à la fin de l'après-midi de nous dépanner en transportant la chienne jusqu'à La Tuque. À son arrivée, en ouvrant la cage de transport, la chienne file à toute allure. C'était sans doute son premier voyage en voiture, donc assez effrayant pour elle.

Solitaire (c'est son nom) se retrouvait donc dans les rues de la ville à errer. On imagine facilement sa détresse dans un lieu inconnu, sans nourriture et à souffrir de sa blessure et de la température glaciale. Quand nous avons appris ce qui était arrivé, nous, de la Maison Nitem, (Lynda, Aleksandra et moi) étions atterrées. Nous nous sentions responsables.

Une vaste opération s'est mise en branle. J'ai communiqué avec la SQ, la fourrière municipale et la clinique Méliblack. Nous avons mis des messages sur Facebook et à la radio. Les gens nous écrivaient pour nous informer qu'ils avaient vu la chienne à tel ou tel endroit. Des bénévoles se rendaient sur place à sa recherche. En vain !

Puis, les gens du quartier ont commencé à laisser de la nourriture sur les galeries. Les assiettes se vidaient, mais pas moyen d'attraper la chienne. Il y a bien eu quelqu'un qui a réussi à lui mettre la main au collet (plutôt au collier), mais l'animal s'est enfui. Des personnes faisaient des rondes de jour dans le quartier et un couple marchait la nuit. On la voyait grelotter, elle levait les pattes une après l'autre, elle gelait et avait toujours l'os pris à la mâchoire.

Le 25 janvier, Lynda fait un appel à tous afin de rassembler le plus de gens possible aux endroits où Solitaire avait été vue. Lynda part de Wemotaci avec, à son bord, le propriétaire du chien et une enseignante. Je me rends donc aussi à La Tuque en compagnie d'un ami qui dit posséder une scie qui pourra couper l'os sans blesser l'animal. J'arrive 10 minutes après l'heure prévue du rassemblement. Il n'y a personne.

Je décide de me rendre au bout de la rue Saint-Joseph. J'aperçois un homme sur le trottoir avec un chien noir à ses pieds. C'est Solitaire et son maître. L'euphorie ! Le maître m'explique qu'en cherchant dans les rues, derrière les maisons, il a senti une poussée derrière la jambe. Il s'est retourné et a aperçu sa chienne. L'animal caché on ne sait où l'avait reconnu. Les personnes parties à sa recherche ont été rappelées. C'était la joie, le soulagement. Solitaire était saine et sauve! On l'a transportée à la clinique Méliblack où elle a reçu les soins appropriés. Aujourd'hui, Solitaire se porte bien, elle a retrouvé sa famille, son chiot et son village.

Cette histoire nous démontre que le secret de la réussite c'est le travail d'équipe. En ayant été solidaires pour Solitaire, on lui a assurément sauvé la vie.

La Maison Nitem tient à remercier des Latuquois exceptionnels: Mylène Charest, Martine Éthier, Nathalie Girard, Manon Morissette, Dre Mélissa Blackburn, Lyne Côté, René Gélinas de Grand-Mère et toutes autres personnes qui nous ont aidés dans nos recherches.

Joane Desaulniers

enseignante


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Shawinigan citoyens avertis: «On veut que la population se réveille»
Diane Borgia est la porte-parole du mouvement Shawinigan... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Diane Borgia est la porte-parole du mouvement Shawinigan citoyens avertis.

PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS, LE NOUVELLISTE


Guy Veillette Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le souhait de quelques contribuables de voir apparaître des associations pour défendre leurs intérêts franchit un nouveau pas avec la création de Shawinigan citoyens avertis. Le mouvement est issu du Regroupement des associations de propriétaires surtaxés de Shawinigan, qui avait envahi la salle du conseil le 1er octobre, lors de la dernière séance publique avant les élections.








Le RAPSS poursuivra ses activités et une rencontre est même prévue avec le maire, Michel Angers, en janvier. Son mandat sera surtout orienté vers la taxation et les évaluations municipales. D'autres citoyens ont décidé de se pencher plus spécifiquement sur les dépenses de la Ville et ils ont formé Shawinigan citoyens avertis.

Dans son premier communiqué de presse, le mouvement explique les raisons de sa création. «Inquiet de voir leur ville se dépeupler, de voir les entreprises quitter la région, de constater les pertes d'emploi qui s'y rattachent, de voir le taux de taxation actuel qui ne cesse d'augmenter, de constater que de plus en plus de résidents n'ont plus les moyens de vivre dans notre ville, un comité de citoyens s'est formé afin de surveiller la gestion financière de la Ville de Shawinigan.»

Pour le moment, Diane Borgia agit comme porte-parole. Candidate malheureuse à l'élection du 3 novembre dans le district de la Rivière, la psychothérapeute espère sensibiliser davantage les citoyens sur les choix du conseil municipal.

«Notre groupe gardera à l'oeil les dépenses de la Ville», explique Mme Borgia. «Nous essayons de faire en sorte que la population se réveille un peu!»

Par exemple, SCA dénonce l'adoption d'un règlement d'emprunt de 7,07 millions $ lors de la séance extraordinaire du 25 novembre. Cette somme vise à défrayer les coûts des honoraires des services professionnels en ingénierie pour le projet d'approvisionnement en eau potable, qui n'a même pas encore reçu l'approbation du gouvernement fédéral, fait remarquer Mme Borgia.

«On avance ça juste avant les Fêtes», déplore-t-elle. «Qu'est-ce qui presse? Ce serait important que les gens soient au courant de cette décision. Juste avant Noël, ils sont préoccupés par bien d'autres choses.»

Les opposants à cet emprunt pouvaient se manifester récemment à l'hôtel de ville, pendant la tenue de registre. Comme il fallait 872 signatures pour forcer l'organisation d'un scrutin référendaire ou inciter le conseil municipal à annuler cette résolution, la porte-parole ne se faisait pas trop d'illusion. Finalement, seulement 20 personnes ont manifesté leur opposition.

Quand Shawinigan citoyens avertis sera mieux structuré, Mme Borgia croit possible de mobiliser rapidement un millier de contribuables pour bloquer un règlement d'emprunt. «On vient de démarrer notre groupe», explique-t-elle. «Nous mettons notre énergie à la création d'un site Internet. Mais nous communiquons ensemble pour que la population soit avisée de ce qui se passe et pour qu'on prenne position. On se pose des questions.»

Mme Borgia souhaite que le site Internet permettra aux gens d'avoir une meilleure idée des décisions de gestion des élus de Shawinigan. «Nous ferons le lien avec les articles de journaux, nous aurons des commentaires, des lettres d'opinions, des pétitions. On veut un site rassembleur pour que ce soit plus facile pour les gens d'être informés.»Dans ses actions, SCA souhaite non seulement surveiller de près les décisions de la Ville, mais aussi celles des organismes paramunicipaux comme la Société de développement de Shawinigan, le Centre local de développement et l'Office de tourisme, foires et congrès.











































































































 
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Alcan: Est-ce à nous de payer ces frais?


Nous savons de source sûre que quelques 60 emplois seront maintenus pour le centre de coulée d’aluminium Alcan mais avec une diminution de salaire pour le futur entrepreneur s’il obtient de fortes subventions et une entente avec le syndicat.

Présentement, il n’y a aucun entrepreneur qualifié dans le même domaine capable de faire fonctionner un centre de coulée.

Puisque le prix de l’aluminium est en chute, de grosses subventions d’Investissement Québec et du fonds de Gentilly seront nécessaires.

Le para-municipal soit la Société de Développement de Shawinigan (SDS), le Centre Local de Développement (CLD) et la ville de Shawinigan ne doivent pas subventionner ce dossier puisque ce n’est pas aux citoyens d’une municipalité à payer pour ces développements.

La dépollution du site doit être entièrement assumée par Rio Tinto. Nous avons appris de source sûre que Rio Tinto Alcan doit défrayer complètement les coûts de dépollution intérieure et extérieure des bâtiments.  Le ministère du Développement durable n’a pas à diminuer les normes de dépollution.

Après la dépollution, la ville pourra obtenir le site pour 1 dollar et pourra par la suite y installer des PME, ce qui ne coûtera rien aux citoyens.

Par contre, selon l’article de Guy Veillette, dans le Nouvelliste de ce jour, Rio Tinto Alcan pourrait obtenir un reçu de charité qui équivaut à un crédit d’impôt pour la valeur du site, mais de combien?

Il ne faut pas oublier que cette manière de faire consiste à ce que tous les citoyens du Québec payent indirectement la note autant pour l’achat du terrain que pour la décontamination.

Un exemple semblable s’est produit à Shawinigan quand la ville a échangé des terrains de la prise d’eau pour des terrains appartenant à M. Jean Chrétien. Ce faisant, M. Chrétien a reçu un reçu de charité pour un crédit d’impôt de plus de 400,000.

Est-ce vraiment à nous de payer ces frais?

Diane Borgia

Porte-parole du regroupement

Shawinigan Citoyens Avertis

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CHARTE DES VALEURS

Une conception du droit qui équivaut à faire de la politique

18 janvier 2014 | Guillaume Rousseau - Membre du Barreau du Québec et professeur de droit public à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke
En 2011, la position du Barreau sur la loi concernant le projet d’amphithéâtre de Québec de Pierre Karl Péladeau et Régis Labeaume avait été jugée mal fondée. Aujourd’hui, il s’oppose sans subtilité à l’interdiction de la burqa.
Photo : Associated PressEn 2011, la position du Barreau sur la loi concernant le projet d’amphithéâtre de Québec de Pierre Karl Péladeau et Régis Labeaume avait été jugée mal fondée. Aujourd’hui, il s’oppose sans subtilité à l’interdiction de la burqa.










Le mémoire du Barreau concernant la charte des valeurs fait jaser et on comprend pourquoi. Le très vénérable ordre professionnel y développe un argumentaire sans nuances contre toute interdiction générale du port de symboles religieux. Même le port de la burqa lors d’un témoignage en cour trouve grâce à ses yeux. Son implacable syllogisme se résume comme suit : « Nous sommes pour le droit ; le droit permet le port de la burqa ; donc nous sommes pour la burqa. »

 

Pourtant, même en s’inspirant strictement du droit, le Barreau aurait pu développer une position beaucoup plus nuancée. Et il aurait eu avantage à le faire, notamment à la lumière d’une affaire récente au cours de laquelle la Cour supérieure a sévèrement critiqué le Barreau pour avoir pris une position politique en invoquant un argument de droit mal fondé.


L’affaire De Belleval contre Québec

 

Cette affaire remonte à 2011, au moment où la Ville de Québec et Québecor ont conclu des ententes concernant le futur amphithéâtre qui devrait permettre le retour des Nordiques. Puisque la Ville de Québec n’avait pas procédé par appel d’offres, certains adversaires politiques du maire Labeaume ont alors annoncé leur intention de contester ces ententes devant les tribunaux. Pour contrer les effets de l’incertitude créée par cette annonce, le Parti québécois déposa un projet de loi pour confirmer la validité de ces ententes. Puis, soudainement, des « montréalocentristes » et des « Québecorophobes », nombreux dans certains médias, se sont trouvé une vocation de spécialistes du droit municipal et du droit constitutionnel. C’était évident : les ententes étaient illégales, et le projet de loi inconstitutionnel ! Avec d’autres, j’ai alors développé un argumentaire étayé pour défendre la légalité des ententes (la liberté contractuelle permet à la ville de procéder comme elle le veut sauf lorsqu’une loi limite clairement cette liberté) et le projet de loi constitutionnel (l’Assemblée nationale peut adopter une loi rétroactive en vertu de la Souveraineté du Parlement). En raison du brouhaha médiatique, cet argumentaire passa inaperçu, bien qu’il fût repris par des députés.

 

Dans ce contexte, on aurait pu s’attendre à ce que le Barreau éclaire le débat en utilisant sa crédibilité pour révéler l’état réel du droit sur la question. Il n’en fut rien, au contraire. Le Barreau canadien est allé en commission parlementaire défendre la position selon laquelle le projet de loi était contraire au principe de la primauté du droit. Il fut alors déculotté par un député au fait de l’état réel du droit.

 

Se croyant plus rusé, le Barreau québécois n’est pas intervenu en commission parlementaire, préférant défendre cette position devant la Cour supérieure. Il semble toutefois que cette dernière n’ait pas apprécié. Dans son jugement, qui confirme sans l’ombre d’une hésitation la validité des ententes et de la loi, elle mentionna que, et je cite : « Sous le couvert de la primauté du droit, tout comme les demandeurs, le Barreau du Québec attaque en réalité l’opportunité pour le Parlement d’adopter une loi ayant des effets rétroactifs, pour conclure à sa nullité », ce qui revient à dire qu’il a fait de la politique. Puis, avant de reprendre les arguments évoqués au précédent paragraphe de la présente lettre ouverte, le tribunal ajouta que « la position du Barreau, formulée après l’adoption de la loi privée, est aussi mal fondée ».

 

Après avoir été ainsi rappelé à l’ordre, le Barreau aurait pu tirer la leçon et se montrer par la suite plus prudent. À la lumière de son mémoire sur la charte des valeurs, force est de constater qu’il n’en est rien.


Manque de nuances

 

Notamment dans le but de ne plus être rabroué par les tribunaux, et d’ainsi préserver intacte son immense crédibilité d’organisme vital à l’État de droit, le Barreau pourrait se montrer beaucoup plus nuancé lorsqu’il prend position publiquement. Son objectif pourrait être de présenter le droit dans toutes ses nuances. Ce n’est pas ce qu’il fait en se prononçant contre l’interdiction relative de la burqa proposée par la charte des valeurs. Le Barreau se rallie aux juges majoritaires de la Cour suprême qui, en décembre 2012, dans R. c. N.S., se sont prononcés contre une interdiction générale du visage couvert lors d’un témoignage. Cependant, il ne mentionne pas que des juges du plus haut tribunal canadien — minoritaires, mais pas nécessairement pour toujours — ont plutôt dit qu’en droit canadien, une telle interdiction était légale, et ce, précisément au nom de la neutralité de l’État. Il ne s’agit là que d’un exemple parmi d’autres, parce qu’il serait possible de prendre pratiquement chaque point du mémoire du Barreau et de le nuancer en citant un courant jurisprudentiel omis ou une décision importante qui jette un éclairage différent. Et cela va de soi puisque le droit est presque toujours sujet à interprétation.

 

Il ne s’agit pas de dire que le Barreau aurait dû prendre position pour la charte des valeurs. Il s’agit de dire que dans ce genre de débat politique, il devrait proposer un éclairage nuancé plutôt qu’une position tranchée. Cela diminuerait les risques qu’il défende une position mal fondée en droit et qu’il soit perçu comme prenant une position politique partisane, avec les conséquences que cela peut avoir pour sa crédibilité. Et il n’y aurait là rien de contradictoire avec sa mission consistant à défendre la primauté du droit, pour autant qu’il ait une conception de cette dernière qui soit conciliable avec la souveraineté du Parlement. Autrement dit, plutôt que de défendre une conception qui s’apparente à celle du « gouvernement des juges », il devrait défendre une position plus proche de celle du « gouvernement avec les juges », laquelle laisse une place prépondérante aux élus lorsque vient le temps de fixer les règles du vivre-ensemble. Ainsi, il ferait du droit. Et il laisserait les politiciens faire de la politique…


Guillaume Rousseau - Membre du Barreau du Québec et professeur de droit public à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke

En 2011, la position du Barreau sur la loi concernant le projet d’amphithéâtre de Québec de Pierre Karl Péladeau et Régis Labeaume avait été jugée mal fondée. Aujourd’hui, il s’oppose sans subtilité à l’interdiction de la burqa.Pierre-Karl Péladeau et Régis Labeaume



 
 
 

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Le cadeau de Noël déconcertant du ministre de la Culture

4 janvier 2014 | Jean Bousquet, C.R.C. - Professeur titulaire et Prix ACFAS Michel-Jurdant, Centre d’étude de la forêt, Université Laval | Actualités culturelles
Le cimetière Saint-Patrick
Photo : Jean BousquetLe cimetière Saint-Patrick

Situé dans le prolongement des plaines d’Abraham à l’ouest, le site patrimonial de Sillery joue un rôle de cobaye puisqu’il est le premier site patrimonial québécois faisant l’objet d’un Plan de conservation à la suite de la refonte de la Loi sur le patrimoine culturel de 2012. Il faut comprendre que les sites patrimoniaux québécois sont censés bénéficier du niveau le plus élevé de protection après les parcs et réserves écologiques.

 

Un communiqué du 4 décembre du cabinet du ministre de la Culture et des Communications, passé inaperçu dans les médias, annonçait l’engagement du MCC à mieux protéger le site patrimonial de Sillery, continuellement sous la pression des développements immobiliers. On y mentionnait la désignation éventuelle de zones non constructibles visant à préserver les grands espaces verts et boisés exceptionnels de ce vaste site naturel et historique longeant le fleuve, et dont se réjouissait la ministre responsable de la région de Québec.

 

Or, dans le même communiqué et au nom du « développement durable », le ministre de la Culture annonçait l’autorisation conditionnelle pour un projet immobilier en plein coeur de ce site patrimonial. Il occupera une large partie d’un boisé au cimetière Saint-Patrick, sur la falaise surplombant le fleuve. Encore pire, le boisé abrite les arbres feuillus nobles les plus anciens et les plus remarquables en milieu urbain dans l’est du Canada. La présence de ce chapelet d’arbres remarquables est connue et répertoriée (S. Hardy, Les arbres remarquables de la capitale nationale, Commission de la capitale nationale et éditions Berger), et ils font l’objet de visites touristiques et éducatives fréquentes, rejoignant la mission du site patrimonial.


Relocalisés?

 

Nos études ont démontré la nature plus que bicentenaire de ces arbres patrimoniaux dont certains représentent les derniers vestiges vivants de l’époque française d’avant la Conquête. On y dénombre plusieurs chênes rouges et érables à sucre vétérans atteignant de 11 à 12 pieds de circonférence, à la forme de bonzaïs géants qui ont survécu au petit âge glaciaire.

 

On se demande où le ministre a emprunté sa définition de développement durable pour justifier le démantèlement d’un milieu abritant un patrimoine biologique si distinctif, voire unique. Et puisque le développement immobilier proposé n’a rien à voir avec la mission des sites patrimoniaux et le développement durable.

 

Pour confirmer le démantèlement appréhendé de ce boisé, le communiqué du ministère précise que certains arbres devront être relocalisés par la transplantation. Or, comment peut-on penser relocaliser de tels arbres lorsque la transplantation d’arbres de 20 ans est déjà périlleuse ? A-t-on idée de l’envergure du système racinaire de tels vétérans soumis aux vents dominants du fleuve depuis des siècles et de leur fin mariage avec les effleurements rocheux de la falaise ? Ce serait comme vouloir prélever un système sanguin et le transplanter, une expérience vouée à l’échec.

 

Ceci est sans compter les effets encourus sur l’hydrographie du site et la survie à moyen terme des lambeaux résiduels, et la grave défiguration paysagère que subira ce cimetière-jardin, anciennement connu au XIXe siècle de par le Haut et le Bas-Canada comme le grand domaine Woodfield, à l’ouest du Bois-de-Coulonge.

 

On comprend mal…

 

On comprend mal pourquoi le ministre en est rendu à annoncer des projets immobiliers dans un site patrimonial majestueux alors qu’il existe de si nombreux terrains en mal de densification ou de requalification à Québec. On comprend mal comment l’ancien gouvernement libéral avait autorisé le lotissement du cimetière en 2008 pour y permettre le développement immobilier dans ce boisé, à l’encontre des dispositions de l’ancienne loi. On comprend mal comment la Ville de Québec a décrété un changement de zonage en 2009 pour y permettre des tours d’habitation, sans consultation et pendant une période de moratoire sur les changements de zonage dans ce site patrimonial.

 

On se demande comment un développement immobilier peut maintenant prendre place à cet endroit, alors que le Cadre de gestion du site patrimonial de Sillery de 2010 stipulait spécifiquement la plus haute protection de ce boisé encadrant le cimetière à l’ouest. Comme si une nouvelle erreur pouvait en effacer de plus anciennes. Comme si une main invisible continuait d’agir.

 

On comprend d’autant plus mal que le Conseil du patrimoine culturel du Québec a réitéré, à la suite des consultations sur le Plan de conservation de ce site patrimonial au printemps 2013, comme prioritaire la conservation des boisés en tant que caractéristique maîtresse de la trame paysagère de ce site. On comprend d’autant plus mal l’empressement du ministre à vouloir autoriser ce projet immobilier et possiblement d’autres dans un avenir rapproché, puisqu’il se trouve ainsi à soustraire ces territoires du projet de loi 66 qui désignera les zones non constructibles du site patrimonial. Ce faisant, le ministre crée un dangereux précédent pour tous les sites patrimoniaux.

 

Avant de sacrifier un tel patrimoine, le ministre a-t-il visité le site, a-t-il été justement informé par ses conseillers ? Avant d’utiliser son pouvoir discrétionnaire, a-t-il considéré la lettre et l’esprit de la loi protégeant les sites patrimoniaux dont il est l’ultime fiduciaire ?

 

À la lumière de cette décimation annoncée des plus anciens arbres de Québec en plein coeur d’un site patrimonial désigné, au surplus pour un projet immobilier comme tant d’autres, on doit sérieusement se demander si la mise en valeur du patrimoine et le « développement durable » québécois ne sont pas devenus des concepts complètement émasculés. Il est minuit moins une, nous avons encore le temps d’envoyer nos souhaits de nouvelle année aux ministres Kotto et Maltais et, pourquoi pas, à la première ministre elle-même.

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Remettre les pendules à l’heure

Voici une lettre d'opinion de Mme Carmen Melançon.

À la suite de l'article paru dans Le Nouvelliste le 9 décembre intitulé «Les travaux à la Belgo traînent en longueur, j’aimerais remettre les pendules à l’heure. A ma connaissance, Abitibi Bowater avait offert à la ville de Shawinigan de lui céder l’usine de papier Belgo pour la modique somme de $1.00 avant qu’elle se place sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

Avant d’être placé sous la loi, deux promoteurs étaient intéressés avec la collaboration de la ville, pour un centre de serveurs informatiques qui aurait occupé le vaste immeuble de 10,000 mètres carrés (centre d’expédition) et la deuxième usine était des investisseurs pour une usine de cartonnerie. Personne ne peut prétendre le contraire, autrement dit, la ville a manqué le bateau.

Pourquoi déformer la réalité et l’interpréter d’une autre façon, en prétendant que la Société de Développement de Shawinigan a offert d’acheter pour $1.00 le site? Et pourquoi la compagnie aurait refusée puisqu’elle allait faire faillite et se placer sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies?

Carmen Melançon

Shawinigan



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L'administration publique, facteur de réussite des nations

...plus encore que l'économie de marché et la démocratie, concluent certaines études

23 novembre 2013 | Bo Rothstein - Professeur et directeur de l’Institut sur la qualité du gouvernement à l’Université de Göteborg 
M. Rothstein prononcera une conférence au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM) le 25 novembre prochain.
Les classements de pays sont en vogue. Outre les indicateurs traditionnels mesurant la prospérité économique d’un pays ou la santé d’une population, on produit maintenant des classements relatifs à l’innovation, au niveau d’éducation, au degré de corruption, au bien-être, à l’égalité, à la tolérance, à la compétitivité économique, à l’égalité des sexes, ou encore aux politiques environnementales. Il est bien sûr possible d’étudier chacun de ces classements en détail, mais en réunissant ces données au sein d’un même tableau, il apparaît clairement que certains pays sont plus à même de procurer bien-être, prospérité et bonheur à leurs populations. Le Canada et les pays nordiques appartiennent incontestablement à cette catégorie.

Pourquoi certains pays sont-ils plus prospères que d’autres ? La présence d’une économie de marché n’est pas une réponse suffisante, car nombre d’entre elles n’ont pas réussi à procurer aux individus un niveau de bien-être satisfaisant. Même quand l’État décide de libéraliser le marché, de nombreux agents économiques font tout leur possible pour saper la libre concurrence en abusant de leur influence politique. Tel est l’enseignement de la crise financière de 2009: les capitalistes ont paradoxalement tendance à détruire les économies florissantes.

D’autres avancent que c’est la démocratie qui est à l’origine de la richesse et du bien-être. Le problème, c’est que le meilleur indicateur mesurant le degré de démocratie dans un pays donné n’est que faiblement corrélé avec les variables définissant le bien-être. Ceci peut surprendre dans la mesure où il est généralement accepté, précisément en matière de politique d’aide au développement, que la démocratie améliore nécessairement le bien-être des populations. Mais les faits démontrent une tout autre réalité : le degré de démocratie n’a que peu d’effets sur la prospérité économique, l’espérance de vie, la mortalité infantile et maternelle, l’accès à l’eau potable, ou encore le bonheur des individus. Si l’on choisit de faire la promotion de la démocratie, c’est pour ses valeurs intrinsèques et non pour ses prétendus effets bénéfiques sur le bien-être.

Si ni la libéralisation des marchés ni la démocratie ne créent le bonheur d’une société, comment expliquer que certaines sociétés soient plus prospères que d’autres ? Les recherches menées depuis plus de dix ans au sein du Quality of Government Institute de l’Université de Göteborg en Suède apportent une réponse inattendue à cette question. En effet, nous montrons que la qualité de l’administration publique constitue le facteur décisif contribuant au bonheur des individus.

Le terme « qualité » ne renvoie pas seulement à l’État de droit, mais doit être compris selon une acception plus profonde et plus large. En effet, il fait référence aux principes fondamentaux tels que les principes d’impartialité, de justice, de non-discrimination et d’intégrité. Ceux-ci constituent le socle de toute politique publique, à commencer par les services publics. Du point de vue de la bonne gouvernance, le défi principal est de réduire le risque de corruption ainsi que d’éviter les nominations politiques au sein de la fonction publique.

Empiriquement, la qualité de l’administration publique est fortement corrélée avec le bien-être. Il est particulièrement intéressant de constater qu’une bonne gouvernance est une condition essentielle de la cohésion sociale, au « capital social » de confiance mutuelle entre les citoyens et leurs institutions qui engendre à son tour des effets vertueux.

Malheureusement, de nombreux dirigeants et observateurs politiques, y compris dans les États les plus prospères, ne sont pas conscients de ce qui constitue l’atout majeur de leur pays. Comme le montrent les événements récents au Québec, celui-ci demeure fragile. En l’absence d’une perspective historique et comparée, il est difficile de prendre conscience que l’impartialité et l’intégrité demeurent l’exception et non la règle. Avant de constituer la pierre angulaire d’un État de droit, ces normes ont pris du temps à se mettre en place ; dès lors qu’elles sont mises à rude épreuve, leurs fondements s’affaissent rapidement et il devient très difficile de les ressusciter.

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Publié le 18 novembre 2013 à 08h15 | Mis à jour le 18 novembre 2013 à 08h15

Des élections à date fixe au Québec

Il faut resserrer les règles pour que les... (Photo: La Presse)

Il faut resserrer les règles pour que les gouvernements ne puissent contourner le principe des élections à date fixe.

PHOTO: LA PRESSE


Le Nouvelliste

Afin de rétablir la relation de confiance entre les citoyens et l'État, le Parti québécois s'était engagé en campagne électorale à instaurer des élections générales à date fixe.

Contrairement à d'autres engagements, comme l'abolition de la taxe santé de 200 $ par personne et le gel des tarifs d'électricité, qui ont été abandonnés ou réinterprétés, l'instauration des élections à date fixe a fait l'objet d'un projet de loi qui a été adopté le 14 juin 2013 à l'unanimité par les députés de l'Assemblée nationale.

Dès lors, nous pouvions penser que le temps où la date des élections était fixée en fonction des intérêts du parti au pouvoir, plutôt que des intérêts de la population, est chose du passé. Le ministre des Institutions démocratiques disait alors qu'avec cette loi la date des élections ne serait plus déterminée selon des calculs partisans ou électoralistes et que le citoyen aurait enfin le sentiment qu'on lui redonne les élections. Il disait que sa loi était un engagement moral.

En vertu de cette nouvelle loi, les élections générales auront lieu à tous les quatre ans et le prochain rendez-vous électoral serait le 3 octobre 2016. Il faut dire que le Québec n'est pas novateur en ce domaine, puisque déjà plusieurs pays ont des élections à date fixe dont la France, les États-Unis, le Canada et huit provinces canadiennes sur dix.

Il est certain que dans le cas d'un gouvernement minoritaire, celui-ci peut être renversé par les partis de l'opposition sur des questions importantes d'orientations, comme lors du dépôt d'un budget qui reflète les choix stratégiques d'un gouvernement.

Dans ce cas, le déclenchement d'une élection avant la date fixée a pour but notamment de dénouer l'impasse et de permettre à la population de se prononcer sur des visions d'avenir et des choix fondamentaux. De plus, la loi autorise le lieutenant-gouverneur à dissoudre l'Assemblée nationale avant l'expiration d'une législature, ce qui pourrait permettre à la première ministre de faire passer ses intérêts partisans avant ceux de la population. Cela ne serait donc pas illégal, mais il y aurait violation de l'esprit de la loi.

Afin de corriger cette lacune, Québec solidaire a déposé récemment un projet de loi pour modifier la Loi sur les élections à date fixe afin de mieux définir les conditions pour dissoudre l'Assemblée nationale avant l'expiration d'une législature.

Ce projet de loi prévoit deux exceptions qui permettraient des élections avant la date fixée, soit une motion adoptée par au moins les deux tiers des membres de l'Assemblée nationale dans le but de dissoudre l'Assemblée, soit une motion adoptée mettant en cause la confiance de l'Assemblée envers le gouvernement, conformément au règlement de l'Assemblée nationale.

Même si la tenue d'une élection générale a été repoussée à 2014, la tentation sera grande pour le gouvernement en place, si les sondages lui sont favorables, de faire un appel aux urnes avant terme. Il ne faut pas oublier que l'organisation d'une élection générale représente une dépense de presque 80 millions $, alors que nous nous dirigeons vers un déficit pour l'année en cours dont nous ne connaissons pas encore l'ampleur.

Si on priorise les intérêts de la population, il y a beaucoup de travail à terminer sur les bureaux de nos députés avant d'aller en élection. Plusieurs projets de loi peuvent être menés à terme, si le gouvernement minoritaire se montre ouvert à tenir compte du fait que les députés des partis de l'opposition représentent plus des deux tiers des électeurs ayant voté en septembre 2012.

Il y a aussi des dossiers névralgiques pour l'avenir du Québec, dont nos élus doivent s'occuper. À titre d'exemple, les projets d'oléoduc pour faire circuler le pétrole de l'Alberta à travers le Québec et celui de l'exploration et de l'extraction éventuelle du pétrole québécois, versus le développement des énergies vertes. En somme, le déclenchement, sur une base partisane, d'une élection générale précipitée en 2014 risquerait de paralyser le Québec pendant plusieurs mois et de plonger des milliers de citoyens dans un cynisme encore plus dramatique.

Robert Gauthier

économiste

Saint-Élie-de-Caxton


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Commission des valeurs mobilières pancanadienne - Néfaste pour le Québec et les affaires

Les chefs d’entreprises québécoises rappellent leur vive opposition au projet fédéral

16 novembre 2013 | Collectif d'auteurs

En tant qu’entrepreneurs et dirigeants ayant bâti nos entreprises au Québec et choisi d’y maintenir nos sièges sociaux, nous sommes particulièrement préoccupés par la capacité d’y trouver l’accès aux capitaux ainsi que l’ensemble des services professionnels nécessaires pour poursuivre notre développement. La compétitivité de Montréal comme place financière est donc un enjeu qui nous tient à coeur et c’est pourquoi il y a trois ans, en appui à l’ensemble des partis politiques de l’Assemblée nationale, nous nous étions levés pour manifester notre opposition au projet de Commission des valeurs mobilières pancanadienne mis en avant par le gouvernement fédéral.

 

Or, malgré un jugement de la Cour suprême, prononcé en décembre 2011, ayant déclaré inconstitutionnel un précédent projet en ce sens, les partisans d’une commission des valeurs mobilières unique, menés par le gouvernement fédéral, sont récemment revenus à la charge. Si leur projet est quelque peu modifié sur la forme, les conséquences qui en découleraient seraient tout aussi néfastes pour les intérêts du Québec, de ses entreprises et de ses travailleurs et c’est pourquoi nous tenons à réitérer notre opposition envers cette démarche.

 

Cette opposition s’articule d’abord autour du fait que le régime actuel, qui repose sur un système de passeports, comporte déjà les avantages d’une commission centralisée, sans en avoir les inconvénients. Grâce au système de passeports et aux autres efforts d’harmonisation déployés au cours des dernières années, les émetteurs peuvent en effet lever du capital et remplir leurs obligations partout aux pays en traitant uniquement avec leur régulateur local, bénéficiant ainsi d’une approche spécifique à leur contexte régional.

 

Au contraire, une commission des valeurs mobilières pancanadienne aurait pour effet de compliquer la tâche des émetteurs québécois et de leurs courtiers, avocats et comptables qui se verraient confrontés au choix de traiter avec des représentants locaux sans véritable pouvoir décisionnel ou bien de traiter directement avec les véritables détenteurs de pouvoir, hors du Québec.

 

On se doute bien que c’est ainsi toute l’influence et l’expertise québécoises en matière de réglementation financière qui serait réduite. Avec le temps, toute l’expertise des grands bureaux d’avocats, comptables et fiscalistes spécialisés en valeurs mobilières risquerait de s’éroder, privant le Québec et les autres territoires de ces emplois. À terme, c’est le développement même de Montréal comme place financière qui s’en verrait compromis, réduisant d’autant les emplois dans ce secteur essentiel au développement de toutes les entreprises québécoises, une éventualité tout à fait inacceptable.

 

Alors que le secteur financier canadien se remet graduellement des secousses vécues au cours des dernières années, nous croyons qu’il est absolument imprudent d’ajouter une autre couche d’incertitude systémique sur les émetteurs québécois et canadiens. Les énergies et les ressources importantes qui seront mobilisées dans une démarche aussi contentieuse seraient à notre avis mieux investies dans la poursuite des efforts d’harmonisation et de collaboration entre les juridictions déjà en cours.

 


Ont signé ce texte : Louis Audet, président et chef de la direction, COGECO inc. et Cogeco Câble inc.; Alain Bouchard, président et chef de la direction et fondateur d’Alimentation Couche-Tard inc.; François J. Coutu, président et chef de la direction, Le Groupe Jean Coutu inc.; Pierre Karl Péladeau, président du conseil d’administration d’Hydro-Québec, vice-président du conseil Québecor inc., président du conseil Québecor Média inc. et Groupe TVA inc.; Pierre Pomerleau, président-directeur général, Pomerleau inc.; Éric R. La Flèche, président et chef de la direction, Metro inc.


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CANONISATION DE JEAN-PAUL II ET DU PAPE JEAN XXIII

16 AU 30 AVRIL 2014

ROME-MONTSERRAT-LOURDES-GARABANDAL-COMPOSTELLE-FATIMA

AVEC UN PRÊTRE AU CŒUR DE FEU : PÈRE JEAN-CLOTAIRE BOCO DU BÉNIN

PRIX: $4395.00  (TAXES D’AÉROPORT INCLUSES)
NON INCLUS : 
POURBOIRES  & ASSURANCE 
POUR CHAMBRE SIMPLE $650 EN SUPPLÉMENT.

EXTENSION :  29 avril – 3 mai 2014 : $895.00

SAN GIOVANI ROTONDO/ASSISE/CASIA/MONT SANT’ANGELO LANCIANO/LORETTO/MONT CASSIN/ROME

IL FAUT S’INSCRIRE MAINTENANT. Dépôt $500.

Yvette Barriault, m.b.n.  450-658-9812  missionbn@videotron.ca

Marie-Antoinette Spratt  613-738-9299  mspratt58@gmail.com 

MARY’S  PILGRIMS  1-800 –VIR-MARY (847-6279)  (905) 847-9750                                                                                      1200 Potters Wheel Crescent, Oakville, Ontario, L6M-1J2, TICO:3230641    email:europeanexpress@hotmail.com / web site: maryspilgrims.com


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La menace d’Alcoa est-elle sérieuse?

Avec un dollar canadien fort et des pays concurrents où l’électricité est peu coûteuse, le Québec n’est peut-être plus une terre de prédilection pour la fabrication de l’aluminium

13 novembre 2013 | Serge Roy - Les Échelles, France. L’auteur a travaillé pour Rio Tinto Alcan pendant 28 ans. Il est maintenant consultant en planification stratégique dans le domaine de l’aluminium primaire chez Aluconsult.
Les installations d’Alcoa à Evansville, aux États-Unis. Le géant américain de l’aluminium menace de fermer ses usines québécoises si ses tarifs d’électricité ne sont pas revus à la baisse.
Photo : Daniel R. Patmore Associated PressLes installations d’Alcoa à Evansville, aux États-Unis. Le géant américain de l’aluminium menace de fermer ses usines québécoises si ses tarifs d’électricité ne sont pas revus à la baisse.
Voyons tout d’abord dans quelle situation se trouve Alcoa. La récession que connaît l’industrie de l’aluminium l’a sérieusement affaiblie. Depuis 2009, Alcoa a fermé cinq usines dans le monde et a coupé une partie de la production de plusieurs autres. Récemment, son titre a été retiré du Dow Jones à cause d’une trop faible valorisation par les marchés. En mai dernier, sa dette était déclassée par Moody’s et est désormais considérée comme des junk bonds [obligations à haut risque]. Bref, cela va très mal pour Alcoa. Il ne faut donc pas se surprendre dans ce contexte que la direction remue ciel et terre pour réduire ses coûts.

Par ailleurs, le Québec a longtemps été une terre de prédilection pour les nouvelles alumineries grâce à un tarif grande puissance (tarif L) très avantageux, un dollar canadien beaucoup plus faible qu’aujourd’hui et un prix de l’énergie calculé en fonction du prix de l’aluminium (aussi appelé « contrat à partage de risque », car Hydro-Québec acceptait de cette façon un prix moins élevé quand le prix de l’aluminium était plus bas). C’est ainsi que se sont construites les usines de Bécancour et de Deschambault, aujourd’hui respectivement propriété d’Alcoa à 75 % et 100 %, et Alouette à Sept-Îles, propriété d’un consortium dont les principaux actionnaires sont Hydro Aluminium et Rio Tinto Alcan. De cette façon, le Québec est devenu, pendant une période d’une quinzaine d’années jusqu’au début des années 2000, le principal pôle de production d’aluminium en Occident avec environ 10 % de la production mondiale.

Dollar à parité

La situation est bien différente aujourd’hui : le dollar canadien est presque à parité avec le dollar américain et le tarif L a plus que doublé depuis 1985 pour passer à 4,4 ¢/kWh. Exprimé en dollar américain, le tarif L a donc presque triplé, tandis que le prix de l’aluminium n’est guère plus élevé aujourd’hui qu’il l’a été en moyenne au cours des années 80. Par ailleurs, cette augmentation s’inscrit dans un contexte où les coûts de l’énergie diminuent dans plusieurs régions du monde : aux États-Unis, en raison de l’explosion de la production du gaz de schiste, et même en Europe, où les prix de gros de l’énergie diminuent, entraînant la fermeture de plusieurs usines de production d’électricité alimentées au gaz naturel.

Bref, l’énergie du Québec n’est plus aussi compétitive qu’elle l’a déjà été.

Que demande Alcoa ? Son contrat d’énergie expire à la fin de 2014. Aujourd’hui, on estime qu’Alcoa paye son énergie environ 3 ¢/kWh. (C’est une estimation, car le chiffre exact n’est pas public). Par la suite, le contrat signé avec Hydro-Québec prévoit un prix d’énergie égal au tarif L. Alcoa payerait donc 1,4 ¢/kWh de plus qu’aujourd’hui, soit presque 200 millions de dollars par année pour l’ensemble de ses trois usines. De plus, ce nouveau tarif ne serait plus établi en fonction du prix de l’aluminium comme il l’est aujourd’hui. On voit donc qu’il s’agit d’un enjeu majeur pour l’entreprise.

Est-ce vraiment rentable pour Alcoa de fermer temporairement ses usines au Québec ? La réponse est d’évidence non. Même au prix de l’aluminium aujourd’hui, qui est très bas, les coûts qu’Alcoa économiserait en fermant temporairement ses usines seraient moindres que les revenus tirés de la vente de l’aluminium. Donc, en fermant ses usines au Québec, Alcoa réduirait son bénéfice. De plus, il ne faut pas oublier que le redémarrage d’une aluminerie est extrêmement coûteux. Pour l’ensemble des trois usines, on parle de plusieurs centaines de millions de dollars.

Mauvaise nouvelle pour Hydro

Pour Hydro-Québec, la fermeturedes usines d’Alcoa ne serait pas non plus une bonne nouvelle. Hydro-Québec est désormais en position de surplus d’énergie. Si Alcoa ferme ses usines et libère ainsi environ 1600 MW, il est peu probable qu’Hydro-Québec puisse vendre cette énergie à bon prix aux États-Unis, sans compter que la capacité des interconnexions avec le réseau américain est limitée. De plus, le Québec veut attirer de nouvelles industries, dont celle de l’aluminium, en utilisant ses surplus d’énergie. Commencer par la fermeture de trois alumineries sonnerait le glas de cette stratégie du gouvernement du Québec.

En somme, la fermeture des alumineries d’Alcoa au Québec est un très bon exemple d’une stratégie où tout le monde y perd.

En revanche, Alcoa n’a rien à perdre à faire cette menace. Si le Québec accepte de modifier son contrat d’énergie, c’est autant de gagné. Compte tenu de l’ampleur de l’enjeu, Alcoa pourrait même fermer une partie de son usine de Baie-Comeau si le gouvernement et Hydro-Québec refusent de bouger et qu’elle estime que cette fermeture est susceptible de convaincre le gouvernement et Hydro-Québec de faire un pas dans sa direction.

On pourrait se demander pourquoi Alcoa a choisi ce moment pour rendre publique cette menace, car son contrat d’énergie n’expire qu’à la fin de 2014. La réponse est évidente : de nouvelles élections au Québec sont probables d’ici quelques mois et la menace d’Alcoa sera certainement un enjeu électoral.

Le gouvernement actuel n’a donc pas beaucoup de marge de manœuvre. Une stratégie possible serait d’accepter de continuer à indexer partiellement le prix de l’énergie sur le prix de l’aluminium comme c’est le cas aujourd’hui. De cette façon, Alcoa paierait moins cher son électricité si le prix de l’aluminium est bas comme aujourd’hui, mais Hydro-Québec pourrait compenser ce manque à gagner lorsque les prix de l’aluminium auront retrouvé un peu de couleur.

Mais cette proposition ne suffira pas si Alcoa se convainc que l’opposition va gagner les élections et que celle-ci lui proposera un contrat plus intéressant.
Un dossier à suivre, donc.


Serge Roy - Les Échelles, France. L’auteur a travaillé pour Rio Tinto Alcan pendant 28 ans. Il est maintenant consultant en planification stratégique dans le domaine de l’aluminium primaire chez Aluconsult.

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À quand des enquêtes sérieuses sur Toronto «l'impure»?

Bien peu de gens savent que la corruption au Canada n'est pas concentrée à Montréal

12 novembre 2013 | Anne Lagacé-Dawson - Animatrice à CJAD et ancienne candidate néodémocrate dans Westmount–Ville-Marie
Le réseau CBC a réalisé, l’automne dernier, un reportage sur la collusion et la corruption dans le milieu de la construction à Toronto.
Photo : La Presse canadienne (photo) Pawel DwulitLe réseau CBC a réalisé, l’automne dernier, un reportage sur la collusion et la corruption dans le milieu de la construction à Toronto.
Lors d’une table ronde à CJAD, nous nous sommes demandé quelle était la ville qui présentait le plus d’inconvénients. Était-ce Montréal, avec son conseil municipal gangrené par tout un système d’attribution des contrats, ou Toronto, spoliée par un maire toxicomane qui continue de régner sur la métropole du Canada ?

La réponse est surprenante. Toronto vit avec un maire qui admet ses fautes, mais reste au pouvoir. Montréal hérite d’un maire qui promet de nettoyer de fond en comble les écuries. La commission Charbonneau s’emploie déjà à redorer le blason de Montréal qui était présentée, en première page de Maclean’s, comme la ville la plus corrompue de la province la plus corrompue !

Le gouvernement du Québec s’est donné comme mission d’éradiquer les pratiques douteuses avec l’UPAC, sa police musclée, qui n’hésite pas à arrêter les maires à toute heure du jour ou de la nuit.

La commission Charbonneau, créée dans la foulée des pressions exercées par la classe politique, est devenue incontournable pour la population scandalisée par les brillants reportages des journalistes du magazine télévisé de Radio-Canada intitulé Enquête. Ces initiatives ont donné le ton à un journalisme d’enquête agressif qui, dorénavant, s’exprime aussi dans les journaux Le Devoir, La Presse et La Gazette.

Journalisme d’enquête

À ce propos, Jean Pelletier, de Radio-Canada, faisait la remarque suivante : « Le journalisme d’enquête coûte une fortune et les cibles de ces enquêtes engagent des poursuites. » Ces enquêtes continuent d’être la source de nombreuses insomnies pour les politiciens, les entrepreneurs et les fonctionnaires corrompus. Il n’y a pas de cible déterminée dans ces dernières. Libéraux comme péquistes sont susceptibles d’être sous la loupe des journalistes. Cette semaine, le président de la FTQ, centrale syndicale puissante s’il en est, se voyait obligé de démissionner à la suite des allégations de corruption révélées par le magazine Enquête.

Alain Gravel, journaliste de cette émission, demeure conscient du danger relié à ses investigations. En Amérique du Nord, le journalisme d’enquête s’est profondément modifié. Ce n’est pas le cas au Québec, où les journalistes n’ont cessé de braver la tempête. Le travail du journaliste Michel Auger, qui enquêtait sur les motards criminalisés, lui a presque coûté la vie. Il a survécu à un attentat armé. Les six balles qui l’ont atteint cherchaient à le réduire au silence pour l’éternité. Un autre journaliste québécois avait déjà goûté à cette médecine de cheval : Jean-Pierre Charbonneau du quotidien Le Devoir avait été blessé par les balles d’un mafioso dans la salle de rédaction de son journal.

Les experts qui travaillent sur le crime organisé sont unanimes pour saluer le travail entrepris à Montréal. Il en va tout autrement en Ontario, où l’oligarchie criminelle continue de sévir impunément. Les ports sur la côte du Pacifique demeurent sous le joug des motards.

Pas qu’à Montréal

Bien peu de gens savent que la corruption au Canada n’est pas concentrée à Montréal. Une équipe de Radio-Canada a contacté des journalistes de CBC afin de débusquer un système illégal d’allocation de contrats. Les recherches préliminaires de ces journalistes ont montré que les allocations de contrat d’excavations à Toronto relevaient du même type de corruption que celles recensées à Montréal. Malheureusement, les ressources nécessaires à ce type d’enquête n’ont pas été allouées.

Toronto, surnommée jadis « La Pure » (Toronto the Good) a aujourd’hui la réputation d’être la capitale de la N’drangheta (organisation mafieuse de la Calabre) selon les experts internationaux en matière de crimes mafieux. Le policier à la retraite de la GRC Ben Soave affirme que les opérations mafieuses à Toronto sont d’une envergure phénoménale. Le producteur senior de l’émission de CBC The Fifth Estate, Julian Sher, auteur de plusieurs livres sur le crime organisé, est d’avis que cette situation est délibérément ignorée par une majorité de politiciens et de policiers.

Le réseau CBC a réalisé, l’automne dernier, un reportage sur la collusion et la corruption dans le milieu de la construction à Toronto. Nous attendons toujours la suite de cette enquête.

Radio-Canada a aussi découvert que la corruption reliée aux investissements financiers en Alberta ne soulevait pas beaucoup d’enthousiasme. Une équipe de Radio-Canada s’est rendue à Lamont, en Alberta, tout près d’Edmonton, et y a découvert un système de corruption relié à la construction domiciliaire. Ils ont alors suivi un entrepreneur expatrié de Laval, Gilles Filiatrault, un born again christian attiré en Alberta par les possibilités d’un nouveau départ. L’entrepreneur en question s’est retrouvé empêtré dans le même système de redevances illégales que celui ce qu’il avait quitté au Québec. Le reportage du groupe de l’émission Enquête a abouti au dépôt d’accusations de fraude et d’usage de faux contre le directeur général de la Ville.

Imaginons un instant que le maire de la ville de Toronto ait pu acheter de la cocaïne en provenance de sources non recommandables, tout aussi capables les unes que les autres d’user de systèmes d’extorsion pour arriver à leurs fins !

Les experts qui travaillent sur le crime organisé au Canada s’entendent pour dire que la classe politique au pays est pour le moins naïve : les politiciens acceptent de l’argent et des faveurs, devenant ainsi vulnérables à l’égard de tentatives d’extorsion ou de chantage.

Le nouveau maire de Montréal promet de créer un poste d’enquêteur à la Eliot Ness afin de pourchasser la mafia. Nous attendons cette nomination avec impatience.

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Libre opinion - Pourquoi j’hésite à aller voter

1 novembre 2013 | Yves Marineau - Sociologue, auteur du Manifeste pour une vraie démocratie mondiale

J’hésite à aller voter parce que pour le faire, il faut être informé sur le programme des candidats. Et que dans l’état actuel des choses, je ne sais toujours pas pour qui voter.

 

Malheureusement, aucun candidat à la mairie ne nous a fait parvenir un résumé de son programme. Alors que les bureaux de scrutin sont déjà ouverts ! Certains diront que c’est à chacun de faire son devoir de citoyen et de s’informer. Mais où ?

 

Dans des médias qui ne couvrent même pas la moitié des candidats ?

 

Peut-on s’informer lors de débats, où l’on n’invite même pas la moitié des candidats et qui ne fournissent que des bribes d’informations ? Ou encore, faudrait-il voter pour ceux et celles qui ont les plus belles, ou les plus grandes pancartes électorales, sur les poteaux ?

 

Certains diront d’aller voir le site Web des candidats. Mais qui a le temps d’aller faire une recherche sur Internet pour connaître le programme de tous les candidats ? Et ensuite, de décoder et comparer tous les programmes ? Avec la moitié de la population qui a de la difficulté à lire ou à comprendre un texte, pas surprenant que plus de la moitié de la population n’aille pas voter ; parce que mal informée.

 

Afin de voter, il faut avoir accès aux programmes des candidats de façon rapide, claire et précise. Alors je n’irai pas voter pour des candidats qui gaspillent l’argent des contribuables pour les insulter avec des pancartes sur les poteaux.

 

Et pour faciliter la tâche de tous les électeurs, pourquoi pas un site Web comme la Boussole électorale financé à même le budget des élections pour toutes les élections pour tous les ordres de gouvernement ?

 

Normalement, je n’irais donc pas voter parce que je ne sais pas pour qui voter. Puisque je n’ai pas été informé adéquatement. Et que je ne veux pas financer des candidats qui dilapident les fonds électoraux de façon indécente, en ne concentrant pas leur effort électoral sur l’information efficace des électeurs afin de faire connaître leur programme, à l’aide des sommes qui leur sont allouées.

 

Et le Directeur des élections, ainsi que le ministère provincial qui chapeaute les élections municipales sont aussi responsables de ce manque de directives en regard de l’utilisation des fonds publics électoraux. Ils ne font pas leur devoir électoral, et démocratique, en ne permettant pas à tous les candidats de faire connaître leur programme de façon égalitaire.

 

C’est encore au plus fort la poche. Ce n’est donc pas surprenant que des candidats soient tentés par la corruption, afin d’avoir plus de fonds pour se faire élire en se faisant connaître, parce que malheureusement, trop de gens votent encore pour la personne la plus « connue ». Mais si les gens votent pour le plus « connu » n’est-ce pas faute de se faire un avis à partir des programmes électoraux ? N’est-ce pas parce que les gens sont mal informés qu’ils se replient sur l’illusion de « connaître » un candidat ?

 

Pour bien informer tout le monde au sujet de tous les candidats, ça ne devrait pas coûter plus d’un dollar par électeur d’imprimer un résumé des programmes avec un lien vers un site Web pour plus d’information et de les distribuer aux portes. Et ça ne devrait pas nécessiter, des candidats, d’avoir à recueillir des fonds. Et en allouant un budget égal à tous les candidats, il y aurait moins d’incitations à la corruption.

 

Il serait donc facile de faire d’une pierre… quatre coups, de réduire le budget électoral, de bien informer les électeurs, de réduire la corruption et… d’augmenter le taux de participation.

 

Pour toutes ces raisons, je n’irai pas voter, comme la moitié de la population. Mais comme dans une démocratie saine il faut une opposition forte, j’irai donc voter pour l’opposition et j’irai voter pour des candidats négligés par les médias.


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Lettre - Il savait!

31 octobre 2013 | Jean-François Couture - Sainte-Thècle, le 29 octobre 2013

À tous ceux et celles qui supputent sur le degré de connaissance que pourrait avoir eu Stephen Harper des agissements de son chef de cabinet dans l’affaire Duffy, je recommanderais une lecture attentive d’un livre passé presque inaperçu lors de sa parution en 2009.

 

L’ex-haut fonctionnaire à Ottawa et Québec Jean Laliberté, dans son livre au titre malheureusement trop terne (Les fonctionnaires, Septentrion), mais au sous-titre autrement plus évocateur (Politique, bureaucratie et jeux de pouvoir) a parfaitement décrit le milieu politico-administratif avec, entre autres analyses, un regard pénétrant sur les « fusibles » qui entourent un premier ministre.

 

Voici comment il décrit cette alternative du « Le savait-il ? Ne le savait-il pas ? »

 

« Une règle non écrite est qu’on ne cache rien au premier ministre. Cependant, pour le mettre à l’abri des attaques, personne, sauf un cercle très restreint de conseillers, ne doit être au courant de ce qu’il connaît. Pour cette raison, l’information sensible est communiquée verbalement afin de ne laisser aucune trace. Cette pratique, appelée en anglais « plausible deniability » [ignorance vraisemblable], permet au premier ministre, lorsque son gouvernement est mêlé à des malversations, de nier avoir été mis au courant. Si la faute reprochée est grave et peut être prouvée, une autre personne que lui pourra être forcée de démissionner, par exemple son chef de cabinet, un ministre ou un haut fonctionnaire. » CQFD !


Jean-François Couture - Sainte-Thècle, le 29 octobre 2013


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Lettre - On vendra mon intimité!

25 octobre 2013 | Anabelle Dagenais - Sainte-Mélanie, le 23 octobre 2013 | 

Bell annonçait récemment sa nouvelle politique de confidentialité qui entrera en vigueur le 16 novembre. À partir de cette date fatidique, la compagnie collectera des informations sur les habitudes des clients de toutes ses plateformes. Informations qui, par la suite, pourront être vendues afin d’établir des profils de consommateurs. Sans mon consentement, on me vend et je dois en payer la facture.

 

Bell dit ne pas dévoiler aux acheteurs l’identité de celui dont proviennent les informations. Cependant, il ne faut pas la tête à Papineau pour la retrouver : une adresse courriel par-ci, une inscription par-là et le tour est joué. Quelle est ma sécurité ? Quels renseignements seront dévoilés et dans quelles mains se rendront-ils ?

 

J’habite le haut d’une montagne où seul le fournisseur Bell est disponible. À 18 ans et étudiante, il m’est pratiquement impossible de ne pas avoir Internet à la maison, ne serait-ce que pour mes travaux scolaires. Je ne compte plus le nombre de fois où il y a eu des erreurs de facturation par Bell, qui ont fait perdre à ma mère de précieuses heures au téléphone avec le service à la clientèle. Déjà, je n’étais pas fan. Finalement, j’ai toujours Bell Internet chez moi et il en sera de même après le 16 novembre. Je me sens violée et sans recours. Bell le sait très bien.


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La Bête ou comment l’abus de dissertations au cégep fait haïr le français

19 octobre 2013 | Collectif d'auteurs
Peu à peu, la préparation des étudiants du cégep à l’EUF devint le mantra obligé.
Photo : Jacques Nadeau - Le DevoirPeu à peu, la préparation des étudiants du cégep à l’EUF devint le mantra obligé.

« Il faut faire aimer le français, sinon nous sommes foutus. »
–Conrad Ouellon, président du Conseil supérieur de la langue française du Québec, 2009.

L'implantation d’une épreuve uniforme de français garante de l’obtention du diplôme d’études collégiales remonte à 1996. Nous croyons que le temps est venu pour nous qui l’enseignons et la corrigeons d’exprimer les malaises de plus en plus profonds qu’elle suscite dans nos rangs comme chez nos étudiants.

 

En gestation de 1993 à 1996, l’Épreuve uniforme de français (EUF), une dissertation critique portant sur un ou des textes littéraires, est devenue dès 1998 essentielle à l’obtention d’un DEC. Aux premiers temps de la réforme, la « Bête », puisque c’est ainsi que nous l’avons baptisée, se contentait de la matière du cours de littérature québécoise (le 103). Très vite, on y enrôla tous les étudiants en service dissertatif obligatoire. Peu à peu, la préparation des étudiants à l’EUF devint le mantra obligé non seulement du 103, mais aussi du 102 (Littérature et imaginaire), puis du 101 (Écriture et littérature), soit 180 heures marquées par sa morsure. Notre mission se bornerait désormais à une seule phrase-couleuvre : « Préparer nos étudiants à l’EUF », sous peine d’être dévorés par la Bête.

 

La contrainte se répandit comme une traînée de poudre : de nombreux départements de français imposèrent jusqu’à trois dissertations par cours de français en amont de l’EUF. Vous avez bien lu : jusqu’à neuf dissertations pour… dompter la Bête. Comme si tous les étudiants étaient faibles au point de devoir repasser neuf fois par ses mâchoires… Un tel nivellement par le bas ignore la majorité, soit ceux qui la maîtrisent dès la troisième tentative.

La Bête et ses tentacules

 

En 2013, aucun professeur de français ou de philosophie n’échappe aux innombrables tentacules de la Bête, où elle exerce désormais pleinement sa tyrannie d’archétype pédagogique. Aussi obéissons-nous docilement, terrorisés, tout en tentant sincèrement de demeurer motivés.

 

Triste résultat : presque tous les enseignants en viennent à instrumentaliser les oeuvres littéraires imposées aux étudiants, désormais méticuleusement choisies en fonction des analyses et dissertations. Toutes celles jugées inaptes à assouvir la faim de la Bête se voient disqualifiées sans procès. Du jamais vu : la charrue tire maintenant la Bête.

 

La mécanique du carcan

 

Devant l’obligation de faire avaler les couleuvres des sujets mécaniquement amenés, posés et divisés, d’énoncer, d’illustrer et d’expliquer leurs arguments principaux et secondaires et, surtout, de leur mentir en leur faisant croire que cette quincaillerie « leur sera vraiment très utile dans la vie », la rédaction d’autres types de textes devient un luxe que peu peuvent offrir à leurs étudiants.

 

Pourtant, même dans la majorité des cours universitaires en littérature, les étudiants ne connaissent pas l’extase dissertative. Au contraire, par l’exploration d’une diversité de pratiques littéraires, leur formation parvient à leur faire aimer leur langue et leur culture. Oui, bien sûr, la dissertation et ses avatars aident à structurer une pensée, nous n’en disconvenons pas. Mais d’autres moyens existent !

 

La levée de la contrainte

 

Seul le dernier cours obligatoire, centré sur la communication (104), a résisté à ce jour aux crocs de la Bête. Bien des professeurs se réfugient dans cet ultime retranchement des types de textes différents, de l’autoportrait à la critique artistique en passant par l’article informatif. Or, rares sont les étudiants qui se plaignent de la difficulté à produire de tels textes et chacun comprend aisément leur intérêt et leur pertinence. Quoi de mieux pour favoriser leur « réussite » ?

L’appétit sans bornes de la Bête

 

Résumons : aujourd’hui, la Bête, repue, s’est nourrie de la matière de tous les cours situés en amont, et dans au moins cinq cégeps du réseau, elle s’est déjà retournée pour engouffrer aussi le 104, qu’on a permuté avec le 101 et dans lequel on enseigne surtout, devinez, l’analyse littéraire ! Pire : les jeunes professeurs n’ont jamais côtoyé d’autre animal que la Bête, et se sont accoutumés à son rassurant ronron. Pour notre part, après plus de 20 ans sertis dans cet étau brutal, nous croyons fermement qu’il s’agit d’un colosse aux pieds d’argile, en dépit même de la toute-puissance que le ministère, les départements et les colloques lui accordent.

 

Rêvons un peu

 

Sceptiques ? Imaginons ce qui se passerait si une nouvelle réforme venait imposer un type différent d’épreuve de sortie à nos cohortes. Vous avez frémi ? Pas nous. La disparition subite de la dissertation critique transfigurerait la matière autant que les points de l’évaluation des trois cours précédents, mais peu de professeurs en seraient chagrinés. Désensorcelés de la Bête, peu continueraient à la nourrir. Heureusement, certains cégeps, mesurant l’ampleur de l’enlisement, s’ouvrent timidement à la diversité. Mais quand par malheur le taux de réussite y fluctue de quelques points, la Bête est aussitôt appelée en renfort, et les insoumis, fermement muselés.

 

Haïr le français !

 

En attendant, angoissés et pris de vertige, nous nous posons une question terrible : n’aurions-nous tant consacré de temps, d’énergie et de sueur que pour voir le français, la substance même de notre engagement pédagogique, peu à peu et de plus en plus haï par nos propres étudiants ? N’aurions-nous réussi qu’à les éloigner du coeur même de notre passion ?

 

Cette crainte nous pousse à appeler le changement de tous nos voeux. Plus tôt que tard, nous en avons la conviction, un ministre de l’Éducation jugera que c’en est fini du monopole de la dissertation, ramenant enfin la bête au rang qu’elle mérite : celui d’une pratique littéraire parmi d’autres.

 

D’ici là, collègues sensibles à ces propos, lancez le débat dans vos départements respectifs. Ensemble, solidaires, ébranlons le colosse sur son socle : il est si bête après tout.


Jean-François Vallée, cégep de La Pocatière; Danielle Tremblay, cégep de Sherbrooke; Sophie Milcent, collège Mérici, Québec; Marie-Claude Lévesque, cégep de Sorel-Tracy; Johanne Voyer, cégep de La Pocatière; Émilie Lavery, collège Édouard-Montpetit, Longueuil; Claude Paradis, cégep de Sainte-Foy; Serge Bergeron, cégep de Sainte-Foy; Pierre Dostie, cégep de Sainte-Foy; Jacques Côté, cégep de Sainte-Foy; Daniel Loiselle, cégep de Sherbrooke; Véronique D’Amours, ex-enseignante


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Des engagements formels



Nous aurons bientôt les élections à la Mairie et aux postes de conseillers, c`est le moment ou nous citoyens sommes les maîtres.

L`activité électorale est commencée et les candidats, nouveaux ou qui se représentent, soit à la mairie ou au poste de conseiller vont nous conter leurs balivernes habituelles en riant intérieurement de notre naïveté, comme d`habitude, ils vont nous mentir en nous vantant leurs supposées réalisations avec notre argent et qui sont souvent le fruit de programmes gouvernementaux.

Ils vont éviter de parler de la dette de la ville qui dépasse les 185 millions, une augmentation de 55 millions depuis leur venue, Ils ne souligneront pas les tours de passe-passe qu`ils font avec les Sociétés para-municipales dont la dette s`envole.

Comme on ne refait pas le passé qui est un miroir pour le futur, il faut exiger des candidats des engagements formels et publics. Voici un sommaire de moyens dont les candidats devraient souscrire

1. Pour tenir un registre pour une demande de règlement d`emprunt ou autre situation, des bureaux d`enregistrement ou de vote devraient être tenus dans chaque district électoral, cette procédure serait obligatoire à la demande de 2 (deux) conseillers ou du maire ou pour une demande d`emprunt de un million et plus.

2. Les organismes municipaux et para-municipaux qui doivent par la loi fournir leur état financier à la ville et qui inclue leur dette dans le montant total de la dette consolidée (ville et organismes), leur état financier VENTILÉ sera accessible au public qui en fera la demande par la loi de l`accès à l`information.

3. Abolir le règlement 2.6 qui permet au Maire et aux conseillers de se faire rembourser leurs dépenses de représentation lorsque délégué par résolution du conseil. Leur allocation de dépenses NON IMPOSABLE prévue par la loi est là pour couvrir ces dépenses. Nous sommes une des seules villes du Québec qui accorde cette faveur à son conseil.

4. Voir à établir un poste de VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL comme cela existe pour les villes de 100 000 de population avec tous les pouvoirs que la loi confère.

5. Fournir à un citoyen qui en fait la demande selon la loi de l`accès à l`information, tout document et entente existant entre la ville, ses organismes para-municipaux, les locataires des bâtisses et terrains où elle est propriétaire des lieux, qu`elle loue à des compagnies ou organisations, aussi fournir à un citoyen les documents demandés concernant les organismes ou personnes à laquelle elle accorde des subventions, des endossements de prêts ou autres pour un montant de plus de $25000.00 annuellement.

Ces exigences sont dans un but de transparence et n`occasionneront pas de déboursés d`argent supplémentaire, pour financer le poste de vérificateur général et des bureaux d`enregistrement lors de la tenue de registre, je suggère d`abolir le service des communications qui a un budget de plus de un million et qui sert seulement de perroquet au maire et à quelques fonctionnaires haut placés, (dans le temps de Mme Landry, ce travail était fait par sa secrétaire, Mme Lafrenière et étions très bien renseignés), le poste de vérificateur général à la ville de Trois Rivières a un budget de $350 000.00. Les citoyens seraient beaucoup plus en sécurité , ce serait de la véritable transparence et la ville épargnerait de l`argent.

Si un candidat qui se représente évite de se prononcer sur ces demandes et ne veut prendre des engagements publics, c`est que son agenda est plutôt axé sur les avantages personnels que son élection peut lui assurer. Comme citoyen, nous devrions rejeter sa candidature.

De la manière dont le conseil actuel s`est comporté depuis quatre ans, il ne faudrait pas penser que nous sommes à l`abri de la corruption, à voir ce qui se passe dans d`autres villes, leurs défauts étaient comme les nôtres, trop de pantins comme conseillers qui ne questionnaient jamais et qui ne prenaient pas leur responsabilité avec un maire autoritaire qui faisait respecter ses diktats.

C`est en exigeant de tous les candidats qu`ils s`engagent à promouvoir ces conditions, que nous aurons une ville bien administré, et que nous aurons accompli notre devoir de citoyen.

Gaston Boucher

Shawinigan, Qué


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Shawinigan: vers un nouveau Détroit?

© Photo CLD Shawinigan

Shawinigan


Selon Statistiques Canada, la population de Shawinigan en 2011 était de 50 060 personnes, soit une diminution de 3,6% par rapport à 2006 (51 904 personnes). Selon l'Institut de la statistique du Québec, les projections sont les suivantes: a) 2013: 50 073; b) 2016: 47 507; c) 2021: 45 981; d) 2026: 44 500.

En 2026, par rapport à 2006, il y aura donc une diminution de la population de 14,3%.

La dette actuelle continue d'augmenter au gré de la mégalomanie narcissique de nos dirigeants. Actuellement: a) 2007: 57,2 M$; b) 2011: 119,2 M$; c) 2012: 149,2 M$.

Elle a donc augmenté de 261% depuis 2007. À ce rythme, elle sera de 2 530 M$ en 2026, entraînant un coût de 56 854$ par personne pour une population de 44 500. Le coût de la dette de la ville est actuellement de 2985$ par personne; si la dette ne dépasse pas 200 M$, la dette par personne sera de 4494$ en 2016. Jefferson County a recherché sa protection avec une dette par personne de 6075$ et Détroit vient de faire une faillite retentissante avec une dette de 26 373$ par personne!

Faillites de villes américaines

Depuis 2010, plusieurs villes et comtés américains se sont mis sous la protection de l'équivalent de la loi de la faillite: San Bernardino et Fresno en Californie, Jefferson County en Alabama, Harrisburgh en Pennsylvanie, etc. Les raisons évoquées: augmentation des coûts au niveau des villes, les fonds de pension, mauvaise gestion financière, population en diminution, érosion de la base fiscale et programmes sociaux généreux en période d'abondance qui n'ont pas connu de correction.

À Shawinigan, des gens connaissent des réductions de taxes et/ou peu d'augmentation pour des services qui coûtent de plus en plus chers. D'autres subissent des hausses faramineuses et n'ont même pas droit à ces dits services: à quand l'attitude de consommateurs payeurs? La ville n'est pas un organisme social. Des projets de pension sont mis en danger ou reportés. On déshabille l'un pour habiller l'autre. Les citoyens doivent reprendre en mains leurs finances; on doit se poser la question si une dépense est nécessaire avant de la faire; et même si une subvention en paie la moitié, avons-nous les moyens de l'autre moitié?

Toutes les raisons mentionnées pour les États-Unis se retrouvent à Shawinigan et ici on attend… La pente est déjà amorcée. Nos élus doivent se réveiller. Gérer ne consiste pas en une recherche de nouvelles taxes; il faut s'attaquer aux vrais problèmes et sans tarder. La fonction publique doit devenir efficace et productive. Tel que le rappelait le maire Labeaume en début de son mandat, la fonction publique existe parce qu'il y a une population et elle ne doit pas se comporter en jeux de pouvoir: les attitudes arrogantes et suffisantes qui en découlent sont des manifestations infantiles. La fonction publique doit aider les citoyens et les supporter pour qu'ils demeurent dans la ville. Ainsi nos élus n'auront pas à se casser la tête pour qu'ils reviennent puisqu'ils ne quitteront pas, ce dont se plaint avec raison notre maire actuel.

Rappelons à nos élus qu'ils doivent gérer pour tous les citoyens et non de façon discriminatoire pour des petits groupes. Les taxes sont utiles, mais les augmentations ne sont pas obligatoires; seule l'est la bonne gestion des fonds publics.

J. Mailhot, Grand-Mère


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Baloune dégonflée!


Ubisoft qui fait des jeux sociaux à Montréal a reçu des millions du gouvernement du Québec. Est-ce qu’Alchemic Dream qui se sont installé dans le Centre d’Entreprenariat de Shawinigan et qui fait dans le même domaine qu’Ubisoft, recevra l’aide financière du gouvernement du Québec ou est-ce les contribuables de Shawinigan qui vont payer pour Alchemic Dream? Je ne crois pas que le gouvernement du Québec qui a investi à Montréal des millions pour créer 500 emplois fera de même pour Shawinigan. D’ailleurs, un reportage nous informait que les entreprises des jeux sociaux ont de la difficulté à se rentabiliser.

Est-ce encore une fois une baloune du maire Angers qui va se dégonfler comme Rima dans le parc industriel de St-Georges et le projet les quais du Saint-Maurice qui n’a aucun accord d’établi avec le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire?

Carmen Melançon

Shawinigan, Québec


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Restauration du site de l'usine


Monsieur le maire Michel Angers,

Je crois sincèrement que vous êtes un homme remarquable et d’exception que l’on voit que très rarement. Je vous qualifierais d’un de nos plus grands politiciens au Québec. Vous avez toutes les qualités nécessaires et répondez à tous les critères que les Québécois exigent pour devenir un premier ministre.

Vous avez su devenir le porte parole, en rallient unanimement les conseillers municipaux qui sont la voix et l’opinion de la population de SHAWINIGAN.

Vous avez aussi réussi à devenir le porte-parole de (RIO TINTO, ALCAN) tout en étant le porte-parole du syndicat.

Je crois que dans toute l’histoire du Québec, jamais personne n’a réussis le tour de force d’être le porte-parole de trois groupes, avec des attentes et des besoins aussi différents les uns que les autres, et j’espère et imagine que chacun des trois partis vous seront reconnaissant si vous réussissez ce grand défit que vous avez à accomplir.

Si vous réussissez à dégager une entente aussi profitable et aussi équitable pour les trois partis dont vous êtes le porte-parole ( la population ,le syndicat et (RIO TINTO ALCAN), je serais encore une fois le premier a vous rendre hommage et vous félicitez, car vous avez un très gros défi devant vous.

Ma seule inquiétude que j’ai et qui peut s’avérer complètement fausse, c’est que moi personnellement j’évalue à 300 millions de dollars la restauration du site de RIO TINTO ALCAN et ceci selon les normes et les lois du ministère de l’Environnement du Québec. Et ceci n’est qu’un minimum, n’est pas inclus l’impacte environnementale en dehors du site.

Comme on le sait, tout propriétaire d’un lieu est responsable de restaurer son site contaminé. Pas celui qui l’a contaminé, mais celui qui en est propriétaire.

Une loi qui met en danger l’avenir de Shawinigan et du Québec.

Car si on change de propriétaire en trouvant un investisseur dont on ne sait d’où, et qu’on nous annonce un investissement de 10 millions, nous la population de Shawinigan serions tellement heureux d’avoir enfin du positif. Beaucoup de gens seront prêts à fermer les yeux sur la décontamination, car on a tellement besoin de développement économique.

Sauf comme on le sait tous aujourd’hui, la durée de vie d’une entreprise avec la mondialisation est de plus en plus de courte durée.

S’il fallait, chanceux comme nous sommes a Shawinigan, que le nouveau propriétaire du site (RIO TINTO ALCAN), l’investisseur hypothétique de 10 millions ferme et fasse faillite, car n’oublions pas qu’on a vu des usines être bâti et ne jamais démarrer.

À ce moment, la nous devrons faire le calcul très simple de 300 millions moins le 10 millions d’investissements du nouveau propriétaire, a ça il faut rajouter quelques millions que l’on réclame de Québec (L’ENDETTER) pour les pleins de projets qui sont sur la table qu’on n’a pas encore vue .

Je suis un homme très positif, mais si jamais mes craintes s’avéraient fondées, au lieu de renaitre de nos cendres nous vivrons une situation catastrophique avec une facture de plus de 300 millions. N’allons pas nous imaginer que les lois de l’environnement vont changer parce que nous serons devenus les nouveaux propriétaires du site (RIO TINTO ALCAN)

La population de SHAWINIGAN et la population du QUÉBEC hériteront de la facture pleine et entière.

Nos jeunes parleront de nous avec fierté?

Pour le bel héritage qu’on leur a laissé?

Et toutes les industries prendront exemple sur nous, et comment pourrait-on les blâmer? Nous les subventionnerons pour les bâtir et nous payerons la facture pour les décontaminer (UN QUÉBEC FIER D’ÊTRE DIFFÉRENT)

J’espère de tout cœur que j’ai tord et le fait que tout ce négocie sans transparence m’inquiète au plus haut point. Je crois qu’on ne s’en va pas sur le bon bord.

MONSIEUR MICHEL ANGERS, JE CROIS ET J’ESPÈRE QUE VOUS SEREZ L’HOMME DE LA SITUATION, CAR VOUS ME SEMBLEZ AVOIR LES QUALITÉS POUR RÉUSSIR.

On va mettre ça au clair je n’ai aucune ambition politique, ma seule préoccupation c’est l’avenir de Shawinigan et du Québec.

Maintenant pour moi ce dossier est clos c’est a nous tous maintenant d’assumer les choix que nous prendrons.

CLAUDE PERRON –SHAWINIGAN


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Libre opinion - La déplorable partialité du DGE et de l’INM

10 septembre 2013 | Michel Brûlé - Éditeur

Le 16 août dernier, l’Institut du Nouveau Monde a organisé un débat entre quatre candidats à la mairie de Montréal, soit Richard Bergeron, Denis Coderre, Marcel Côté et Mélanie Joly.

 

Pendant dix jours, j’ai fait des pressions pour y participer en donnant des entrevues aux médias et par une mise en demeure envoyée à l’organisme la veille de l’événement. De son côté, Michel Venne, directeur de l’INM, n’est pas revenu sur sa décision de m’exclure du débat et, quand les journalistes lui ont demandé pourquoi il avait invité Mélanie Joly, qui est candidate indépendante comme moi, il a répondu que c’était à cause de son jeune âge (elle a 34 ans). En tant qu’éditeur, j’ai toujours dénoncé la discrimination faite sur la base de l’âge en publiant notamment un livre sur les clauses de disparité de traitement qui affectent les jeunes travailleurs. Toute ma vie, j’ai défendu la cause des jeunes, comme en témoignent les essais Interdit aux autruches et Génération IDéaliste, publiés respectivement en 1997 et en 2004. Aujourd’hui, à 49 ans, je crois toujours en notre jeunesse.

 

L’INM se définit comme « un organisme non partisan dont la mission est de favoriser la participation citoyenne et de renouveler les idées au Québec ». Il est paradoxal d’avoir ces prétentions et d’exclure du débat un éditeur, renommé pour ses livres polémiques. (Rappelons que j’ai publié Normand Lester, Jacques Parizeau, Richard Le Hir et beaucoup d’autres.) Peu importe cette contradiction, peut-être que vous vous direz que l’INM avait le droit d’organiser un débat avec les candidats de son choix, et ce point de vue est défendable.

 

Le lendemain du débat, j’ai appris que le Directeur général des élections du Québec était l’un des partenaires officiels de l’INM ! Le DGE, qui est censé être d’une neutralité absolue, s’associe à un organisme, qui approuve le favoritisme politique ! Quatre jours durant, Michel Venne a défendu bec et ongles son choix de m’exclure du débat, et le DGE n’a pas réagi. Le DGE doit jouer le rôle de chien de garde de la démocratie et il a perdu toute sa crédibilité en n’intervenant pas dans ce dossier. Le DGE aurait dû sommer l’INM d’inviter tous les candidats autorisés sous peine de retirer son partenariat. En n’ayant pas pris position, le DGE s’est placé dans une situation inacceptable. Si le DGE encourage la partialité, quelle institution démocratique nous reste-t-il ?

 

Après le débat auquel j’ai assisté en tant que spectateur, un journaliste de Radio-Canada m’a interviewé en me demandant ce que j’aurais dit si j’avais participé au débat. J’ai répondu que j’étais le seul à avoir une position claire face à la langue et qu’aucun des candidats ne faisait la différence entre le bilinguisme individuel et le bilinguisme collectif. Sur une base individuelle, ai-je expliqué, il est bien de parler l’anglais (je suis moi-même polyglotte), mais dans toutes les villes bilingues, il y a une langue qui empiète sur l’autre et, à Montréal, l’anglais gagne du terrain au détriment du français. Eh bien, cette entrevue n’a pas été présentée aux nouvelles de fin de soirée. Le dimanche 25 août, Isabelle Perras, vice-présidente et directrice générale, Citoyen Optimum, une firme de relations publiques, a commenté l’actualité municipale à RDI Matin et elle a affirmé que je ne serais invité dans aucun débat.

 

Il y a quelques mois, la Chambre de commerce de Montréal avait brossé le portrait du candidat idéal et je pense avoir le profil qu’il faut. Je suis un homme d’affaires prospère et j’ai des idées de gauche. Je suis dynamique, fonceur et innovateur. Enfin, je suis d’une intégrité exemplaire et comme je le dis souvent : « Je préfère mourir qu’être croche. »


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Si les politiques ne parlent pas aux citoyens, les citoyens parleront aux politiques !

Lac-à-la-Tortue
Archives L'Hebdo

Lac-à-la-Tortue

Publié le 25 Août 2013 

Samedi matin se tenait l’Assemblée générale annuelle de l’Association pour la protection du Lac-à-la-Tortue (APL) à laquelle était conviée des représentant du Gouvernement du Québec , de la Ville de Shawinigan et de la Municipalité d’Hérouxville.

C’est en présence d’une centaine de personnes, que le député de St-Maurice Luc Trudel a expliqué en toute clarté et transparence le cheminement suivi par le Gouvernement du Québec en regard du projet d’égouts et d’aqueduc pour ensuite répondre aux interrogations de l’assistance. Son écoute attentive et ses réponses sans faux fuyants ont été appréciées et soulignées par de nombreux participants.

Par la suite, à l’instar du député de St-Maurice, Bernard Thomson, maire de la municipalité d’Hérouxville, qui a démontré une connaissance surprenante de la problématique du Lac, a établi la position du conseil municipal sans oublier de rappeler le travail exécuté par l’APL en regard de la protection du Lac et l’importance pour les citoyens de soutenir leur association.

Par contre, de façon surprenante voire choquante pour un grand nombre : la Ville de Shawinigan n’était pas représentée.

Cette absence est révélatrice du peu de considération et d’intérêt manifesté par le conseiller de secteur des Boisées non seulement envers l’APL mais également et surtout envers les citoyens de Lac-à-la-Tortue préoccupés par la protection du Lac et la qualité de vie.

Disons que ce fut là une occasion manquée pour entendre les représentations des citoyens qui en plus de protester et malgré leur exaspération et les promesses non tenues ont été capables de faire des propositions concrètes.

Incidemment, il y a lieu de souligner que pour un grand nombre de citoyens, la décision de la Ville de tenir une Consultation publique le 23 août prochain dans le cadre du Plan directeur, soit 2 mois avant les élections, constitue de la poudre aux yeux visant à faire oublier 30 ans de laxisme, d’études(25) et de laisser-faire.

Il est à espérer qu’à l’élection du 3 novembre prochain avant de choisir un candidat les électeurs se rappelleront des politiciens qui préfèrent ne pas parler aux citoyens !

Claude Gélinas

Lac-à-la-Tortue


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Publié le 27 août 2013 à 08h17 | Mis à jour à 08h17

À qui profite la décision?


Le Nouvelliste

C'est confirmé. Le kiosque d'information touristique de Shawinigan, dans le secteur Grand-Mère, fermera sous peu. Il en est à sa dernière saison. Telle est la décision prise par le nouvel Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan au nom de la «froide réalité des chiffres» qu'évoquait déjà en mai dernier sa directrice générale (voir, Régime minceur au bureau d'accueil touristique, Guy Veillette, Le Nouvelliste, 13 mai).

La décision, dit-on, n'est pas politique, ce n'est pas la décision du conseil municipal. Les élus municipaux peuvent ainsi se cacher, c'est bien commode, derrière un organisme paramunicipal qui lui-même, ça aussi c'est bien commode, se cache derrière un avis comptable auquel on attribue, dans notre monde laïque, une valeur aussi grande et aussi impérative qu'à la fatwa d'un mufti chez les islamistes. La preuve de l'existence du dieu-chiffre n'étant pas à faire, on devrait donc obéir aveuglement aux préceptes comptables qui dictent la fermeture du bureau d'accueil touristique à Grand-Mère. «C'est une affaire de logique et de gros bon sens», proclament les décideurs pour fermer le bec aux "décidés».

Défenseur acharné de la liberté politique et de la justice sociale, le philosophe latin Sénèque écrivait, il y 2000 ans, que: «le coupable est celui à qui le crime profite». Soyons clairs, il n'y a ici ni crime, ni coupable. Il n'y a qu'une décision et un nuage de décideurs. Dans un tel cas, Sénèque aurait dit que «les véritables décideurs, cachés derrière la nébuleuse décisionnelle, sont ceux à qui profite la décision».

C'est dans cette perspective qu'il convient de regarder avec un peu de recul, ou plutôt d'anticipation, la décision qui nous occupe: on ferme un kiosque d'information touristique situé à quelques mètres de la sortie de l'autoroute 55 qu'empruntent les voyageurs qui se rendent au parc de la Mauricie, entrée Saint-Jean-des-Piles. Qui plus est, le terrain sur lequel est construit le kiosque est contigu à celui sur lequel se dresse un restaurant McDonalds et à un autre sur lequel un promoteur a déjà projeté ouvrir un poste d'essence. Oh la belle odeur du profit pour les développeurs et la douce musique des annonces d'investissement pour les politiciens! Une fois le kiosque éliminé, la place est libre pour un ensemble intégré comprenant un McDo, un poste d'essence et un dépanneur à une sortie stratégique de la 55. Fermer le kiosque, c'est en même temps paver la voie à un habile promoteur.

Je me trompe sûrement en me livrant à de telles spéculations paranoïdes sur les profits que certains pourraient tirer d'une décision basée sur «la froide réalité des chiffres». Et même si cela s'avérait, me direz-vous, ce serait créateur d'emplois dans une ville qui en a bien besoin. Eh oui! Quelques nouveaux emplois seraient créés chez le nouveau dépanneur et à la nouvelle station d'essence pendant que d'autres seraient perdus chez le dépanneur et à la station d'essence implantés depuis longtemps à un kilomètre de là en direction de Saint-Jean-des-Piles.

On appelle ça du cannibalisme économique. Peut-être même qu'un autre dépanneur situé lui aussi à environ un kilomètre dans l'autre direction, sur la 6e Avenue à Grand-Mère, péricliterait quelques mois plus tard.

C'est cela aussi la logique comptable.

Ce serait bien différent si la Ville s'engageait à donner une vocation communautaire à l'emplacement libéré par la fermeture du kiosque. Une halte cycliste? Une centrale d'artisanat? Une maison des jeunes? Une salle de répétition pour les musiciens? Un centre de services pour les organismes sociaux? Une centre communautaire? Un marché public? Un centre d'interprétation de l'histoire locale? Il y a de la place pour bien des idées à condition qu'on redonne à la communauté ce qui lui appartient. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Le bureau d'accueil touristique de Grand-Mère a été créé à force de bras, il y a plus de trente ans, par la communauté grand-méroise. C'est à cette même communauté qu'on doit retourner ce bien collectif.

J'ose croire qu'il y a quelqu'un, dans la nébuleuse des décideurs, qui se tiendra droit et saura convaincre ses pairs qu'on ne livre pas ainsi un équipement collectif à l'appétit des avaleurs de profits, si beaux parleurs qu'ils soient.

André Hamel

secteur Grand-Mère


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Lettre - À gauche, mon oeil!

17 août 2013 | Gilles Marleau - Orléans, Ontario, le 12 août 2013

Le discours de Philippe Couillard devant les jeunes libéraux reprend la promesse que font toujours ceux qui ne sont à peu près pas touchés par les injustices : on y verra plus tard, après avoir assuré un plus grand développement économique ! Et, comme par hasard, ce plus grand développement économique passe toujours par une baisse d’impôt et davantage de subsides et d’aide de l’État en faveur des déjà économiquement bien nantis de ce monde. Que voulez-vous, c’est la loi du capitalisme ; on ne peut rien y faire. Dans ce discours, il n’est jamais question d’une plus grande solidarité, d’un partage plus juste de la richesse que nous avons déjà. La justice sociale est toujours remise à plus tard, remise à un avenir qui n’arrive hélas jamais.


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Publié le 12 août 2013 à 11h09 | Mis à jour le 12 août 2013 à 11h09

L'amphithéâtre qui changeait tout le temps de nom


Le Nouvelliste

L'amphithéâtre de Shawinigan ne doit pas changer de nom à tous les cinq ans. Inauguré en décembre 2008, l'amphithéâtre moderne de la ville de Shawinigan a exigé des déboursés de 28 millions de dollars payés par la ville et les gouvernements fédéral et provincial. Grâce à une entente qu'elle a signée avec la Ville de Shawinigan et qui n'a malheureusement jamais été rendue publique, l'équipe de hockey des Cataractes récolte tous les revenus des concessions et de la vente de publicité dans l'aréna ainsi que la moitié du montant de la commandite provenant de l'entreprise dont le nom commercial sera affiché sur la devanture de l'amphithéâtre.

Or, à la suite du retrait de Bionest, nous apprenons que la Ville dévoilera publiquement le nouveau partenariat.

On sait toutefois déjà que l'entente couvrira au moins les cinq prochaines années et que la Ville et les Cataractes devraient se partager une cagnotte avoisinant les 50 000 $ annuellement.

La question qui m'interpelle est la suivante: est-il approprié qu'à tous les cinq ans, le nom d'un amphithéâtre public change de nom?

Et que cet amphithéâtre soit associé à une entreprise commerciale aussi reconnue et respectable soit-elle. Étant donné que la ville s'identifie comme étant la Cité de l'Énergie, n'aurait-il pas été plus approprié que des démarches soient faites auprès de notre fournisseur national d'électricité afin que l'amphithéâtre municipal porte à perpétuité le nom de Centre Hydro-Québec?

Cette appellation serait un geste de reconnaissance de la société d'État envers une ville qui a été une pionnière dans le domaine de l'électricité.

Peut-être est-il malheureusement trop tard? Et dans ce cas, pourquoi ne pas décider qu'à l'avenir, en hommage aux contribuables qui ont permis sa réalisation, que cet immeuble porte à perpétuité le nom d'Amphithéâtre de la ville de Shawinigan?

Quant au commanditaire retenu, qu'on lui réserve une exceptionnelle visibilité à l'intérieur de l'amphithéâtre ainsi que sur le panneau publicitaire près de la rue des Cèdres à l'extérieur.

Une bâtisse publique qui est là pour durer ne mérite-elle pas que son nom soit à jamais inscrit sur sa devanture? Parfois, au fric il faut préférer la fierté!

Autrement, il est raisonnable de penser qu'un jour ou l'autre, Shawinigan deviendra la risée des visiteurs.

Ce que Shawinigan n'a certainement pas besoin.

Claude Gélinas

Shawinigan

 

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Éolien - Des choix dépassés

10 août 2013 Jean-Robert Sansfacon 

Au moment où Hydro-Québec demande l’autorisation de hausser ses tarifs de 5,4% en 2014, l’industrie éolienne se plaint de ce que le gouvernement tarde à lancer le processus d’appels d’offres pour la production des 800 MW annoncée en mai dernier. Si le gouvernement Marois était sérieux, il attendrait les conclusions de la commission de consultation sur l’énergie, qui entreprendra ses travaux le mois prochain, avant d’aller de l’avant.
 

En mai dernier, Québec annonçait l’achat par Hydro-Québec de 800 MW supplémentaires d’énergie éolienne pour générer des revenus garantis pour les communautés locales et l’entreprise privée, et maintenir les emplois chez les fabricants de pales et de tours.

 

Cette semaine, les représentants de l’industrie reprochaient à Québec de prendre du retard, ce qui pourrait les forcer à faire des mises à pied lorsque les contrats en cours seront terminés.

 

En lançant le programme, en 2005, le gouvernement Charest répondait aux pressions des écologistes, qui présentaient le vent comme étant la solution de rechange idéale à l’énergie thermique. Ils avaient raison, à cette époque du moins. Puis, les choses ont changé. D’abord, la crise de 2008 et celle de l’industrie du papier ont réduit la croissance de la demande en électricité ; par la suite, l’exploitation du gaz de schiste a fait chuter les coûts de production de l’électricité sur le marché de l’exportation, et les profits d’Hydro-Québec ont suivi.

 

Alors que tous les acteurs du marché de l’énergie se sont adaptés à cette réalité, Hydro-Québec doit composer avec les priorités électoralistes du gouvernement. Ainsi, au lieu de reporter la construction du barrage La Romaine et annuler la dernière phase du programme de 4000 MW d’énergie éolienne, Québec a forcé Hydro-Québec à acheter de l’électricité dont elle n’a pas besoin à un prix exorbitant, et à refiler la facture aux consommateurs pour ne pas réduire ses propres revenus.

 

Pendant ce temps, Hydro-Québec continue de verser chaque année 150 millions à TransCanada pour ne pas produire d’électricité à son usine thermique de Bécancour, et se tourne vers la Régie de l’énergie pour l’autoriser à augmenter ses tarifs afin de couvrir ses pertes sectorielles.

 

Pour Québec, il s’agit de faire vivre des manufacturiers qui donnent de l’emploi à 800 personnes dans l’est du Québec. Or, rappelons-nous que ces entreprises qui fabriquent surtout des pièces secondaires comme les palles et les tours ont beaucoup de difficulté à exporter leurs produits à cause du même type de protectionnisme que pratiquent tous les gouvernements qui subventionnent cette industrie. Même après l’installation de 3300 MW de puissance qui devaient les conduire à l’autonomie financière, ces manufacturiers nous menacent aujourd’hui de fermeture s’ils n’obtiennent pas les 800 MW annoncés en mai. Et dans cinq ans, que se passera-t-il ?

 

À l’évidence, si Québec va de l’avant, nous voilà une fois de plus plongés dans un cercle vicieux, d’élection en élection.

 

Les experts s’entendent pour dire que le problème réside moins dans la hausse des tarifs que dans l’usage que l’on fait de cet argent qui devrait servir à financer le développement technologique, les programmes d’économie d’énergie et le rehaussement de la fiabilité du réseau au lieu de soutenir des fabricants étrangers de turbines et des sous-traitants locaux qui fermeront leurs portes aussitôt passée la prochaine vague d’appels d’offres.

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Les Filles du Roy (1) - «Nous ne serions pas là sans elles»

5 août 2013 |Christian rioux
Quelques-unes des figurantes qui personnifient les 36 femmes du premier contingent des Filles du Roy. Elles étaient à Paris en juin (ci-dessus) au début d’un périple qui les mènera à Québec le 7 août.
Photo : Luc AllaireQuelques-unes des figurantes qui personnifient les 36 femmes du premier contingent des Filles du Roy. Elles étaient à Paris en juin (ci-dessus) au début d’un périple qui les mènera à Québec le 7 août.
Les «nouvelles» Filles du Roy

Les 36 Filles du Roy qui débarqueront à Québec le 7 août prochain pour commémorer l’arrivée du premier contingent arrivé en 1663 viennent de plusieurs régions du Québec et même de France. Elles ont entre 19 et 69 ans. Parmi elles, on trouve Marie Royal, qui personnifie son ancêtre Catherine Moitié. Cette dernière compte parmi ses descendants le patriote Denis-Benjamin Viger et Jacques Viger, premier maire de Montréal. Arrivant sur le voilier L’Aigle d’or, ces 36 figurantes seront les invitées d’honneur des Fêtes de la Nouvelle-France à Québec. En juin, elles ont d’abord parcouru plusieurs villes de France entre Paris et La Rochelle où se sont tenus plusieurs colloques historiques à l’initiative de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs. Le 17 août, ces « nouvelles » Filles du Roy seront reçues dans l’ancienne demeure de Marguerite Bourgeoys, la Maison Saint-Gabriel à Montréal, pour un « grand bal des prétendants ». L’histoire ne dit pas si la démographie du Québec en sera à nouveau bouleversée.

Il y a 350 ans, le premier contingent des Filles du Roy débarquait à Québec. Ces 800 Filles qui arriveront en une décennie à peine marqueront de leur empreinte indélébile le destin du Québec. Nous retraçons leur périple dans une série de trois articles.

 

Trois siècles et demi plus tard, l’histoire se répète. Les 36 Filles du Roy du premier contingent arrivé en Nouvelle-France en 1663 s’apprêtent à nouveau à débarquer à Québec. Le 7 août prochain, 36 Québécoises fouleront le pavé du port de Québec, en mémoire de ces 36 « filles à marier » qui étaient parties de La Rochelle pour un voyage de deux mois et demi sur L’Aigle d’or, conduit par Nicolas Gargot de la Rochette dit Jambe de Bois.

 

Comme dans les gravures de l’époque, les 36 figurantes qui s’apprêtent à personnifier chacune des Filles du premier contingent seront fraîches et disposes. Ce n’était pourtant pas le cas en 1663, dit l’historien et démographe Yves Landry, qui a recensé chacune des quelque 800 Filles qui ont fait la traversée pendant dix ans. « Le voyage, qui pouvait durer deux ou trois mois, était une épreuve terrible. Après deux mois dans la sainte-barbe, elles arrivaient en piteux état et parfois malades. Certaines mouraient même en chemin. » En 1667, après une autre traversée, 16 Filles durent être transférées à l’Hôtel-Dieu de Québec.

 

Cela fait plus de vingt ans que ce chercheur de l’Université de Montréal qui vit aujourd’hui sur la terre de ses ancêtres, dans le Perche, est à la poursuite des Filles du Roy. Auteur du Répertoire biographique des Filles du Roy (Fides), Landry est en quelque sorte celui qui a sorti ces inconnues de l’ombre à une époque où elles ne soulevaient guère d’intérêt. Pourtant, ces Filles ont littéralement changé le destin de la colonie, dit-il.

Un geste politique

 

« En 1663, le Canada est en crise et il compte à peine 3000 habitants,dit Landry. On est en guerre avec les Iroquois et il y a six à quatorze fois plus d’hommes que de femmes. Il faut absolument envoyer des femmes pour assurer la croissance naturelle de la colonie. Sinon, on ferme boutique ! »

 

Entre 1634 et 1654, il arrive à peine cinq filles par année, selon le généalogiste français Jean-Pierre Macouin. Le futur gouverneur de Trois-Rivières, Pierre Boucher, réclame depuis longtemps un « puissant secours » et va plaider sa cause devant le ministre Colbert et le jeune Louis XIV. L’effort des communautés religieuses, qui amenaient déjà des femmes de manière intermittente, ne suffit plus. En 1662, les doléances des colons sont enfin entendues. Le nouveau ministre du Roi veut faire participer les colonies à sa nouvelle politique économique. Le futur Roi-Soleil affirme son autorité. Le Canada passe sous administration royale, il devient une province de France et Louis XIV envoie les 1200 hommes du régiment de Carignan-Salières.

 

Mais surtout, entre 1663 et 1673, environ 800 Filles du Roy (leur nombre varie quelque peu selon les évaluations) arriveront dans la colonie. Elles sont transportées par le roi et jouissent d’une dot royale de 50 livres pour les roturières et de 100 livres pour les « demoiselles ». « C’est une décision politique,dit Landry. Celle de ne pas laisser l’Amérique du Nord aux Anglais. » C’est Marguerite Bourgeoys qui baptise pour la première fois ces « filles à marier » ou « épouseuses » du beau nom de Filles du Roy. Un nom qui, contrairement à ce qu’ont cru certains historiens, vient probablement de celui des orphelins recueillis dans les hôpitaux qu’on appelait « enfants du Roy ».

 

Pour l’historien français Didier Poton, de l’Université de La Rochelle, l’arrivée des premières Filles du Roy en 1663 représente la preuve que Paris a changé de politique à l’égard de la Nouvelle-France et qu’elle entend prendre ses responsabilités. À partir de 1665, le nouveau gouverneur, Jean Talon, adopte des mesures encourageant les mariages précoces et les naissances. « Pendant dix ans, l’effort sera maintenu afin de contrer la progression des colonies néerlandaises et anglaises sur la côte Est des États-Unis où les colons arrivent par milliers,dit l’historien. Sans ces Filles, la Nouvelle-France serait probablement disparue dès 1713, lorsque la France a dû céder l’Acadie à l’Angleterre. Sans elles, il n’y aurait pas eu de développement agricole. Elles ont joué un rôle aussi majeur dans la survie de la colonie que les alliances avec les Amérindiens. »

« Filles à marier »

 

La majorité des Filles qui s’installent à Québec, sur l’île d’Orléans, à Trois-Rivières et à Montréal sont recrutées dans les hôpitaux, comme celui de la Salpêtrière à Paris ou l’Hôpital général de Rouen. La moitié vient de la région parisienne. Mais elles viennent aussi de Normandie ou de La Rochelle. « Ce sont souvent des orphelines nommées par ordre du roi,dit Landry. Un privilège qui ne se refuse pas. Mais on en trouve aussi de milieux plus aisés qui viennent tenter l’aventure ou rejoindre un frère parti quelques années plus tôt. » Une cinquantaine d’entre elles reviendront d’ailleurs en France, signe que, malgré les pressions qu’elles devaient subir, elles demeuraient libres de repartir.

 

D’origine surtout urbaine, la plupart des Filles du Roy parlent français. Plusieurs historiens ont vu dans leur arrivée un facteur important de l’unification rapide de la langue française au Québec, alors que les langues régionales dominaient encore largement les provinces françaises. On suppose que venant en majorité de l’Île-de-France ou ayant vécu dans des ports, ces Filles avaient presque toutes appris le français. Toujours est-il qu’en Nouvelle-France, on ne connaît qu’un seul procès qui ait exigé un traducteur, dit Landry.

 

Contrairement à ce qui a parfois été affirmé, il faudra beaucoup plus que 20 ans pour rétablir l’équilibre démographique de la colonie. En 1680, il y avait encore deux fois plus d’hommes que de femmes. Mais l’impulsion était donnée et, dès la fin du siècle, la population pouvait progresser par elle-même.

 

Après 20 ans de recherche, il arrive encore à Yves Landry de se demander ce qui motivait ces Filles à partir. « Pour en savoir plus, dit-il, il faudrait dépouiller tous les actes notariés. Malheureusement, les recherches n’ont pas été poursuivies. Mais on se doute que c’était une migration économique. Issues pour la plupart de familles pauvres, elles partaient certainement pour améliorer leur sort. »

Au-delà du Québec

 

Même si la vie était très dure - les premiers poêles à bois arrivent au XVIIe siècle -, les Filles du Roy trouvent généralement au Canada des conditions matérielles meilleures qu’en métropole. Le droit de chasser - réservé aux nobles en France - assure une meilleure alimentation. Malgré les guerres, la durée de vie est de cinq à six ans supérieure à celle qui prévaut en métropole.

 

« Aujourd’hui, presque tous les Canadiens français de souche ont une fille du Roy parmi leurs ancêtres », dit le généalogiste Hubert Charbonneau, de l’Université de Montréal. Mais il en aurait fallu dix fois plus. « Comparée à l’Angleterre, davantage tournée vers les océans, la France, grande puissance continentale, n’a pas eu une vision transatlantique », dit-il. Si Catherine Duchamp aura 18 enfants, d’autres comme Marie Vaquet n’en auront aucun. Au bout de deux générations, elles auront en moyenne 30 petits-enfants, a calculé Charbonneau, qui compte lui-même 56 Filles du Roy parmi ses ascendants. La championne toutes catégories, Nicole Philippeau, aura 137 petits-enfants ! Parmi les descendants des Filles du Roy, on trouve même l’ancienne secrétaire d’État des États-Unis Hillary Clinton, descendante de Madeleine Niel, Catherine Paulo et Madeleine Plouard. Comme quoi, les Filles du Roy ont marqué l’Amérique bien au-delà du Québec.

 

Les 36 Filles du Roy qui débarqueront à Québec le 7 août prochain pour commémorer l’arrivée du premier contingent arrivé en 1663 viennent de plusieurs régions du Québec et même de France. Elles ont entre 19 et 69 ans. Parmi elles, on trouve Marie Royal, qui personnifie son ancêtre Catherine Moitié. Cette dernière compte parmi ses descendants le patriote Denis-Benjamin Viger et Jacques Viger, premier maire de Montréal.

 

Arrivant sur le voilier L’Aigle d’or, ces 36 figurantes seront les invitées d’honneur des Fêtes de la Nouvelle-France à Québec. En juin, elles ont d’abord parcouru plusieurs villes de France entre Paris et La Rochelle où se sont tenus plusieurs colloques historiques à l’initiative de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs. Le 17 août, ces « nouvelles » Filles du Roy seront reçues dans l’ancienne demeure de Marguerite Bourgeoys, la Maison Saint-Gabriel à Montréal, pour un « grand bal des prétendants ». L’histoire ne dit pas si la démographie du Québec en sera à nouveau bouleversée.


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Après la bulle immobilière, la bulle du carbone

5 août 2013 | Daniel Clapin-Pépin et Xavier Clapin-Pépin - Respectivement professeur de gestion environnementale et étudiant à la maîtrise en finance à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM 

La New Economics Foundation a récemment publié un rapport scientifique - très avant-gardiste - intitulé Unburnable Carbon : Rational Investment for Sustainability.

 

En résumé, ce rapport explique qu’il serait climatologiquement impossible de brûler toutes les réserves connues de combustibles fossiles présentement cotées sur les bourses financières sans dépasser le seuil sécuritaire et mondialement reconnu d’une hausse de 2 °C de la température moyenne globale d’ici 2050.

 

En 2010, les gouvernements de partout à travers le monde se sont réunis à la conférence internationale sur les changements climatiques de Cancún. Ils se sont alors entendus pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C au-dessus du niveau préindustriel (c’est-à-dire avant 1850).

 

Advenant une augmentation de plus de 2 °C d’ici 2050 ou même avant, il est scientifiquement établi que cela aura des répercussions catastrophiques. Ainsi, jusqu’à 4 milliards de personnes manqueront d’eau potable et l’agriculture ne sera plus viable dans certaines régions du monde, menaçant de famine des millions d’individus.

 

D’une part, sur le plan économique, il est convenu que notre système financier actuel finance largement l’industrie du carbone. D’autre part, la plupart des réserves mondiales connues de carbone fossile - c’est-à-dire nos sources d’énergie à base de charbon, de pétrole et de gaz naturel - ne peuvent tout simplement pas être brûlées si nous voulons demeurer dans des marges de température globale sécuritaires.

 

Dès lors se pose la question de savoir si nous pouvons nous fier aux marchés financiers pour allouer (comme c’est, en théorie, son principal rôle sociétal) les capitaux vers les investissements qui vont créer le plus de valeur à long terme pour l’humanité en général, et pour les fonds de pension des épargnants en particulier.

 

Afin d’obtenir une chance sur cinq de maintenir la température moyenne globale de notre planète dans une marge sécuritaire pour préserver son habitabilité humaine, la nouvelle comptabilité environnementale du carbone a calculé que le total des gaz à effet de serre émis dans le monde ne devait pas excéder 886 milliards de tonnes de CO2 entre 2000 et 2049.

 

Le problème que pose cette nouvelle contrainte comptable climato-scientifique est le fait qu’entre 2000 et 2012, presque la moitié de cet objectif sécuritaire de CO2 a déjà été utilisée.

 

Encore plus alarmant, les réserves pétrolières de carbone fossile déjà connues et comptabilisées - comme actifs en contrepartie de l’avoir des actionnaires au bilan - dans les livres comptables de Shell, BP et autres sociétés pétrolières représentent de quatre à cinq fois la quantité cible à respecter (886 milliards de tonnes de CO2) afin de préserver une planète habitable et en santé pour nous et les générations à venir.

 

En d’autres mots, une grande part de tous ces combustibles fossiles sont non utilisables (en anglais, unburnable carbon). C’est dire que les réserves pétrolières des pays (et des grandes firmes privées telles que Shell ou Chevron) producteurs et exportateurs de pétrole

 

1. ne correspondent plus à des actifs réels ;

 

2. sont mal évaluées quant à leur valeur monétaire au marché ;

 

3. pourraient même se transformer - en raison de leur nature toxique pour la chimie de notre atmosphère - en de futurs passifs financiers.

 

Par conséquent, « si vous avez une partie de vos économies dans un fonds de pension en Grande-Bretagne, il y a de fortes chances qu’une bonne partie soit investie dans l’entreprise Shell, alors si le prix de Shell chute, la valeur de votre fonds de pension sera réduite en proportion » (Head of Investment Affairs, Association of British Insurers).

Shell et la bulle du carbone

 

Pour donner un exemple concret de l’impact qu’aurait l’éclatement de la bulle du carbone, prenons le cas de Shell en guise de récente expérience réelle de grande turbulence vécue par les fonds de pension investissant dans les compagnies pétrolières.

 

Le groupe Royal Dutch Shell avait comptabilisé et publié dans son bilan une quantité exagérée de réserves avérées de carbone fossile. En Janvier 2004 le porte-parole de l’entreprise a alors déclaré aux journalistes et investisseurs que l’entreprise avait récemment réévalué ses réserves avérées de pétrole et de gaz tout en concluant que leur valeur totale sera réduite de 20 %.

 

Immédiatement, les actions de « Shell Transport and Trading » ont chuté de 17 % et, parallèlement, les actions de la Royal Dutch Petroleum ont elles aussi chuté de 10 % en quelques jours. Les investisseurs ont dû essuyer une perte de 3 milliards d’euros sur leurs investissements (voir NEF, The New Economics Foundation).

 

Actuellement, l’enjeu des combustibles fossiles carbone non utilisables (unburnable carbon) remet en question jusqu’à 80 % des réserves de combustible fossile aujourd’hui comptabilisées comme actifs par les grandes sociétés pétrolières cotées sur les places boursières.

 

L’ampleur de l’éclatement de la bulle du carbone serait catastrophique pour toute l’économie mondiale. Sans une réévaluation globale à la fois rapide, systématique et systémique du risque et de la valeur des actifs carbone, l’économie mondiale s’expose à un dévissage d’une envergure plus dévastatrice encore que la grande crise financière de 2008.

 

Malgré ces faits, l’argent continue d’affluer abondamment vers l’exploration et la production de nouveaux combustibles fossiles. On retrouve un déséquilibre flagrant entre les niveaux d’investissements dirigés vers l’industrie du carbone comparé au financement alloué aux ressources propres et renouvelables d’énergie.

 

En 2012, le secteur du pétrole et du gaz a dépensé plus de 1 trillion principalement pour l’exploration et le développement de nouvelles réserves de combustibles fossiles, tandis que l’investissement global vers les énergies propres renouvelables n’atteignait, en 2010, que 243 milliards.

 

Si on observe n’importe quelle liste des plus grandes compagnies au monde, on remarque qu’elle est dominée par des sociétés pétrolières ou bien par des entreprises qui y sont rattachées comme les constructeurs automobiles.

 

L’économie globale est aujourd’hui dans une impasse, embourbée dans un chemin profondément insoutenable et non viable pour l’avenir de la planète.


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Pas de transport de déchets liquides radioactifs sur les chemins publics

2 août 2013 | Gaëtan Ruest - Maire d’Amqui, porte-parole du Regroupement des municipalités québécoises pour un futur énergétique socialement responsable (RMQFESR) 

Depuis la tragédie de Lac-Mégantic, on soulève de plus en plus le resserrement des règles du transport des matières dangereuses.

 

Curieusement, on vient d’apprendre que le projet de l’entreprise électro-nucléaire ontarienne Bruce-Power de transporter 16 énormes générateurs de vapeur plus ou moins radioactifs vers la Suède, en passant par le Québec, vient d’être abandonné. Ces générateurs de vapeur sont contaminés au plutonium, à l’américium, au curium, au cobalt 60, au cesium 137, au tritium et au carbone14.

 

Rappelons que ce projet avait été approuvé préalablement en février 2011 par le personnel et les commissaires de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), tribunal quasi judiciaire qui doit veiller à la sécurité des populations. De nombreux organismes sociaux et environnementaux ontariens, québécois, autochtones et américains étaient montés aux barricades pour dénoncer ce laxisme de la part de la CCSN. De plus, à l’initiative du Regroupement des municipalités québécoises pour un futur énergétique socialement responsable (RMQFESR), 50 municipalités, 5 MRC (65 municipalités) du Québec et la Ville de Montréal avaient manifesté leur désapprobation pour ce projet par des résolutions spécifiques.

 

Un autre cas de risque très élevé en transport dangereux est en train de se préparer avec, encore, la bénédiction habituelle de la CCSN. C’est le projet d’Énergie atomique Canada limitée (EACL) de transporter par camions 23 000 litres de déchets liquides hautement radioactifs des Laboratoires de Chalk River (LCR) en Ontario sur une distance d’environ 2000 kilomètres vers le Savannah River Site (SRS) du département de l’Énergie des États-Unis, en Caroline du Sud.

 

Des convois d’un ou deux camions, portant chacun un seul château de transport contenant 256 litres de la solution en provenance du Fissile Solution Storage Tank (FISST), escortés par des gardes armés, feraient le trajet de Chalk River à Savannah une fois par semaine. Le transport de tout le contenu du FISST, soit 40 ou 50 convois, prendrait au moins un an. Les camions contenant ces déchets liquides radioactifs utiliseraient les chemins publics, traversant plusieurs communautés au Canada et aux États-Unis et de nombreux cours d’eau, dont le fleuve Saint-Laurent.

 

Un autre appel du RMQFESR concernant ce projet a été lancé 15 jours avant le drame de Lac-Mégantic afin d’appeler le plus de municipalités québécoises possible à adopter une résolution spécifique sur cet autre dossier de transport dangereux et de s’opposer en principe à tout transport de déchets liquides radioactifs sur les routes et les ponts publics, sur toute voie navigable ou par voie aérienne puisque ces déchets peuvent être solidifiés, l’ont déjà été et devraient l’être pour réduire le risque qu’ils ne se répandent dans l’environnement des êtres vivants.

On peut agir

 

Les citoyens peuvent-ils intervenir dans ce débat ? Oui ! Ils peuvent interpeller personnellement les membres des conseils municipaux pour qu’ils adoptent rapidement la résolution proposée par le RMQFESR.

 

Vous pouvez consulter sur le site du Regroupement pour la surveillance du nucléaire le chapitre Les générateurs de vapeur radioactifs.

 

Cela pourra empêcher de créer un dangereux précédent qui pourrait servir à justifier, à l’avenir, le transport de déchets liquides hautement radioactifs à l’échelle mondiale.

 

Il est urgent que les gouvernements fédéral et des provinces productrices de déchets nucléaires ou de matériel contaminé par la radioactivité provenant du démantèlement, de la réfection ou de l’exploitation courante de réacteurs nucléaires élaborent et proposent à l’assentiment de la population une politique bien définie concernant la gestion temporaire et permanente de tous les déchets radioactifs autres que le combustible irradié.


Gaëtan Ruest - Maire d’Amqui, porte-parole du Regroupement des municipalités québécoises pour un futur énergétique socialement responsable (RMQFESR)



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Il y a quelques mois, l’Office de tourisme et des congrès de Shawinigan, à l’initiative de la Ville de Shawinigan, « avalait » la Corporation touristique et culturelle de Grand-Mère qui gérait le kiosque d’information touristique situé devant le McDonald dans le secteur Grand-Mère depuis une trentaine d’années. En centralisant les acteurs du développement touristique au même endroit on prétendait « augmenter l’efficacité » de leurs actions.

Dès le départ, en tant que ex-membre du conseil d’administration de la Corporation culturelle de Grand-Mère, j’ai exprimé mes craintes pour l’avenir du kiosque d’accueil grand-mérois dans cette nouvelle structure.  Le temps semble confirmer mes appréhensions.  Alors que le kiosque était anciennement ouvert à l’année, il ne l’est maintenant que de la St-Jean à l’Action de grâces, soit un peu moins de quatre mois par année.

Après avoir lancé en juin dernier une pétition pour le maintien intégral des activités du kiosque de Grand-Mère, j’ai adressé au maire Angers une série de questions restées sans réponses.

Quel est le coût d’exploitation du kiosque touristique opéré par Shawinigan et situé sur le territoire de St-Étienne-des-Grès le long de l’autoroute 55 ?

Quel est le coût d’exploitation du kiosque touristique à Grand-Mère en tenant compte des redevances payées par McDonald ?

Pourquoi avoir réduit les tâches de l’employée du kiosque de Grand-Mère, pourquoi avoir réduit les heures d’ouverture, pourquoi avoir « mis les bénévoles à la porte » ?

L’efficacité annoncée semble vouloir dire dans les faits une concentration de l’accueil touristique à St-Étienne et une réduction des services offerts à Grand-Mère.  Le nouvel office du tourisme agit comme s’il n’y avait à Shawinigan qu’un pôle d’attraction touristique, le centre-ville, et que les autres secteurs comme Grand-Mère et St-Jean-des-Piles n’avaient rien à offrir malgré la proximité du Parc de la Mauricie.

Je demande à la Ville de Shawinigan et son Office du tourisme et des Congrès « d’arrêter de patiner » et de donner l’heure juste au sujet de l’avenir du kiosque touristique situé sur la 8e rue dans le secteur Grand-Mère. Ce sont des vraies questions pour lesquelles j’attends des vraies réponses.

 

Robert St-Onge
Grand-Mère
819-538-7795

 

 
 
    

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Le printemps érable, la police et les politiciens : quelles questions devrions-nous poser?

20 juillet 2013 | Patrick Marais - Montréal 

Le ministre de la Sécurité publique annonçait, ce printemps, la tenue d’une « commission spéciale d’examen » qui devra « identifier les facteurs ayant contribué à la détérioration du climat social et évaluer les impacts des événements du printemps 2012 sur la population », et « dégager des constats s’appuyant sur des faits vérifiables ». Ne devrait-on pas plutôt revoir les mandats des corps de police et nous interroger sur ce qu’est la responsabilité politique ?

 

Quel est le rôle de la police dans notre société ? Mon premier contact avec un agent de police remonte au début des années soixante. Je me souviens que nous roulions sur le pont Jacques-Cartier et que nous avions été interceptés par une voiture de police. Le policier lui ayant demandé ses papiers, mon père les lui avait remis dans un petit portefeuille qui contenait aussi un billet de banque.

 

Le policier était retourné à sa voiture comme pour remplir la contravention et en était revenu pour remettre son petit portefeuille à mon père en lui disant : « C’correct pour c’cou-ci, mais fâ attention pour la prochaine foais. » Le billet de banque avait disparu.

 

J’ai aussi connu cette police qui, lors de la Fête nationale, vidait la place Jacques-Cartier à coups de matraques distribués sur les trottoirs par des agents qui étaient assis dans des side-cars de motos conduites par des collègues. Ou qui, lors des événements d’octobre 70, arrêtait des étudiants du cégep Édouard-Montpetit qui avaient eu, au secondaire, des professeurs soupçonnés d’appartenir au FLQ [Front de libération du Québec].

 

Je connais maintenant ces policiers qui se cachent dans les quenouilles sur l’autoroute Félix-Leclerc, un radar à la main, par un beau dimanche d’été ensoleillé, pour distribuer des « tickets de vitesse » en série, au lieu de nous inciter à ralentir en se rendant visibles et en roulant tranquillement. Ou cette police qui préfère augmenter les revenus de la municipalité au lieu de te demander de circuler quand tu es stationné en double au volant de ta voiture sans entraver la circulation.

 

Et il y a encore cette police qui préfère poursuivre à haute vitesse des jeunes gens sans réelle expérience du volant, qui trop souvent en perdent le contrôle de leur véhicule et se tuent, au lieu de prendre en note leur numéro d’immatriculation et d’aller leur remettre une contravention au réveil et à leur domicile.

 

Il y a aussi cette police qui a tué Marcellus François et Anthony Griffith, et plus récemment Freddy Villanueva, et combien d’autres jeunes gens, et qui entrave le cours de la justice. Du printemps dernier, je me souviens de ces jeunes qui ont perdu l’usage d’un oeil ou qui ont été grièvement blessés. Des événements qui se sont déroulés autour du Palais des congrès de Montréal. Des événements survenus à Victoriaville.

 

Nous avons toutes et tous vu la violence exercée et les propos tenus par Stéphanie Trudeau, le « matricule 728 », et ses collègues. Ne devrions-nous pas nous demander s’ils sont symptomatiques de la mentalité des corps de police ?

 

Ces « anecdotes », ces « constats s’appuyant sur des faits vérifiables » ne devraient-ils pas nous pousser à nous demander : au service de qui est la police et quel est son rôle ?

 

Qu’est-ce que la responsabilité politique ?

 

À un autre niveau, dans mon parcours professionnel, j’ai travaillé à plusieurs reprises avec les différents corps de police pour assurer la sécurité de la foule et de personnalités politiques nationales ou étrangères lors d’événements grand public. Je me souviens très bien des recommandations qui nous étaient faites afin d’éviter les « accidents malheureux », si bien que je me demande quels avis ont été donnés à l’entourage du premier ministre Charest par la Sûreté du Québec lorsqu’il a été question de déménager le Conseil général du PLQ du Centre Mont-Royal, angle Mansfield et Sherbrooke, au Victorin de Victoriaville.

 

À la lumière des événements du printemps dernier, de la violence, des blessures et des très nombreuses arrestations, ne devrions-nous pas aussi nous poser la question suivante : la responsabilité politique ne devrait-elle pas inclure la responsabilité civile ?

 

Comme société, n’aurions-nous pas intérêt à nous interroger publiquement non seulement sur les événements du printemps 2012, mais aussi, plus largement, sur le rôle de la police et sur ce que signifie la responsabilité politique ?


Patrick Marais - Montréal


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 Négligence complice

17 juillet 2013 | Manon Théberge - Neuville, le 12 juillet 2013 

Je ne peux que constater la négligence complice de Transports Canada avec le privé, au détriment des intérêts communs. L’autorisation de n’avoir qu’un seul employé à bord de convois pétroliers n’en est qu’un exemple. L’autorisation du choix des wagons, un autre. La non-application d’un projet réglementaire depuis 2006, etc. La liste est longue.

 

Les intervenants en cause à Lac-Mégantic transportent les mêmes valeurs que les intervenants de l’aérodrome de Neuville. Ici, nous en sommes à des dizaines de plaintes auprès de Transports Canada pour des vols à très basse altitude au-dessus de nos maisons et au-dessus de la route de nos autobus scolaires… et on nous répond d’appeler le promoteur ! J’imagine qu’on ferait une enquête, après un drame, sur un aérodrome privé qui a été installé sans permis.

 

Le fédéral souffre de laxisme avec le privé ; tout le contraire de l’énergie déployée pour contrôler les travailleurs saisonniers.

 

Les mots manquent de puissance pour exprimer mon indignation par rapport à la dérive de la gouvernance de nos valeurs. Qu’y a-t-il de plus important que la vie ? Tant de souffrance à Lac-Mégantic.

 

Évitable.


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Bravo pour la déréglementation!

13 juillet 2013 | Serge Robert - Fils d’Henri-Paul Robert, ancien chef de gare de Lac-Mégantic |

Il ne faut pas chercher d’autres coupables de la tragédie de Lac-Mégantic que ceux qui ont permis la déréglementation dans les transports, qui ont permis que n’importe quel entrepreneur cupide achète une portion de ligne de chemin de fer, quelques locomotives des années 60 et des wagons usagés et qu’il décide comme bon lui semble des règles à suivre. 

Autrefois, les trains étaient menés par une équipe de quatre personnes, dont deux breakmans, deux personnes qui s’occupaient de vérifier constamment l’état du train en général et d’appliquer les freins à main. C’est une tâche quand même assez exigeante d’appliquer tous ces freins à main (ce sont les roues qu’on voit sur les wagons). Par la suite, on a laissé tomber le wagon de queue et on a supprimé les deux employés qui s’y trouvaient, soit autant d’économies pour l’entreprise.


Mais, ce qui dépasse les bornes, c’est qu’on permet à un individu de décider qu’une seule personne est suffisante pour conduire un train ! Ce sont eux, les véritables coupables. Il est impensable qu’une seule personne voie à tout, et, de plus, il semble qu’on imposait des quarts de travail de 12 heures ! Pas surprenant que le conducteur, après sa journée de travail, n’ait qu’une seule idée : aller se coucher. Et au diable tous ces freins à main, le moteur de la locomotive principale tourne, donc les freins à air sont en fonction, il n’y a pas d’autre train qui devrait venir, donc on laisse le train sur la voie principale, tout devrait être correct jusqu’à demain matin. Le conducteur reprendra alors son train et s’en ira pour un autre quart de 12 heures peut-être ? Il aurait dû savoir que la pente entre Nantes et Lac-Mégantic est problématique ; très souvent, les trains n’arrivaient pas à s’arrêter en gare, ils devaient revenir sur leurs pas (par chance pour eux, la pente se redresse après Mégantic).


Et que dire des deux employés de l’entreprise qui sont venus inspecter la locomotive après l’incendie à Nantes ? Ils n’étaient pas au courant que, si on arrête le moteur de la locomotive principale, les freins à air ne sont plus appliqués ? Ce n’est pas la peine d’être employé d’une société de chemin de fer si on n’est pas au courant de ça ! Ça ressemble pas mal à de l’incompétence.


Il ne reste plus à espérer que la déréglementation dans les transports ne donnera pas les mêmes résultats dans l’aviation ! Un seul pilote à bord serait bien suffisant, si on se fie à M. Burkhardt!

 

Serge Robert - Fils d’Henri-Paul Robert, ancien chef de gare de Lac-Mégantic


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La «banalité du mal», vedette de la commission Charbonneau

Selon Hannah Arendt, l’«inaptitude à penser» doit être mise en relation avec le problème du «mal», qui ne requiert ni stupidité ni méchanceté

6 juillet 2013 | David E. Roberge - Avocat | 
Les mécanismes mis au jour par la commission Charbonneau devraient susciter une réflexion sur la façon dont des citoyens « comme les autres » en sont venus à participer à ces fraudes.
Photo : Jacques Nadeau - Le DevoirLes mécanismes mis au jour par la commission Charbonneau devraient susciter une réflexion sur la façon dont des citoyens « comme les autres » en sont venus à participer à ces fraudes.

En 1963, Hannah Arendt (1906-1975) publiait Eichmann à Jérusalem, compte rendu critique du procès d’un criminel de guerre nazi, haut fonctionnaire ayant supervisé la déportation de millions de Juifs vers les camps de la mort. [Le récent film éponyme de Margarethe von Trotta, sorti au Québec le 14 juin, porte précisément sur le développement, par la philosophe, de cette thèse.] Dans son texte, Arendt y dépeint, à tort ou à raison, un homme ordinaire, soumis à l’autorité, ayant « suivi les ordres », cessant de penser, incapable de distinguer le bien du mal. C’est ce phénomène qu’Arendt a décrit comme « la banalité du mal ».


Dans un autre registre, aux conséquences beaucoup moins dramatiques faut-il le souligner, les travaux de la Commission sur l’octroi et la gestion de contrats publics dans l’industrie de la construction, alias commission Charbonneau, ont mis à jour des mécanismes de corruption et de collusion qui devraient susciter une réflexion plus globale sur la façon dont des citoyens « comme les autres » sont venus à participer à ces fraudes.


En effet, comment expliquer que tant de gens semblent s’être laissés entraîner dans les stratagèmes de l’attribution de contrats publics au Québec ?


Selon Arendt, « l’inaptitude à penser » doit être mise en relation avec le problème du « mal », lequel ne requiert ni stupidité ni méchanceté. Ce que dénonce Arendt, ce sont les logiques qui endorment l’homme et l’éloignent du sens des gestes qu’il pose, et de ses valeurs.


Il s’agit ici de réaliser que l’activité elle-même de penser, dans son exécution, permet aux individus de remettre en question les idées reçues et par la suite d’orienter leurs actions.


Au contraire, la non-pensée, écrit Arendt, « enseigne aux gens à s’attacher fermement à tout ce que peuvent être les règles de conduite prescrites par telle époque, dans telle société. Ce à quoi ils s’habituent est moins le contenu des règles, dont un examen serré les plongerait dans l’embarras, que la possession des règles sous lesquelles puissent être subsumés des (cas) particuliers. En d’autres termes, ils sont habitués à ne jamais se décider [Considérations morales, 1970]. » Comment ceci est-il rendu possible ? Comment expliquer la parade des témoins venus relater à la commission Charbonneau, parfois sans remords, la participation à des mécanismes de fraude, de corruption ou de collusion ?


Dans l’esprit d’Arendt, on pourrait citer en coupables ces systèmes où les individus sont superflus, agissant en ions interchangeables. Si l’un refuse, l’autre le fera, et l’obéissance aux règles prend le dessus, sans égard au sens des gestes posés. L’idée maîtresse d’Arendt étant ici qu’un esprit mauvais n’est pas une condition sine qua non à l’accomplissement d’une action répréhensible, mais que cette dernière peut simplement résulter d’un vide moral.


À l’extrême, ce phénomène mènera à la perte du sens commun de la justice et à la fin de la solidarité, à différents degrés.


Pour contrer ce mouvement, il faut sauvegarder et encourager la faculté de penser au sein des administrations publiques du Québec, qui sont trop souvent empêtrées dans des logiques de masse où la multitude de règles relègue au second rang les valeurs qui devraient sous-tendre l’action sociale.


Il ne s’agit pas ici de désigner le bien et le mal en termes absolus, mais de comprendre que l’action de penser, en rompant une chaîne d’activités répétées, ouvre la voie au jugement.


Comme l’écrit Arendt, la pensée « ne crée pas de valeur, elle ne trouvera pas une fois pour toutes ce qu’est “le bien” ; elle ne confirme pas, mais dissout plutôt les règles de conduite acceptées ». Ce phénomène « a un effet libérateur sur une autre faculté humaine : la faculté de juger […]. C’est la faculté de juger des (cas) particuliers sans les subsumer sous des règles générales, qui peut être enseignée et apprise, jusqu’à ce qu’ils deviennent des habitudes remplaçables par d’autres habitudes et d’autres règles [Considérations morales, 1970]. »


Au-delà des règles particulières que la commission Charbonneau pourra émettre afin de favoriser une plus saine gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, il est donc à souhaiter que soient mis en valeur les espaces où les individus auront l’occasion de penser et de s’affirmer, pour éviter que l’ordre nouveau nous entraîne encore, à l’avenir, dans le cycle de la « banalité du mal ».

 

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Dans la foulée de l'affaire port du turban,... (photo Paul Chiasson, La presse canadienne)

Dans la foulée de l'affaire port du turban, des médias ont soulevé la possibilité que l'attitude des Québécois francophones face à la diversité soit différente de celle des autres Québécois et Canadiens.

PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE



CLAIRE DURAND

L'auteure est professeure titulaire au Département de sociologie de l'Université de Montréal.

À la suite de la décision de la Fédération québécoise de soccer (FQS) d'interdire le port du turban, certains médias, se basant sur des sondages publiés récemment, ont soulevé la possibilité que l'attitude des Québécois francophones face à la diversité soit différente de celle des autres Québécois et Canadiens.

Le sondage Forum, fait le 18 juin, demande à l'ensemble des Canadiens si les immigrants devraient abandonner leurs valeurs culturelles quand elles sont en conflit avec les valeurs canadiennes. Sur cette question, les résidents du Québec (73% d'accord) se différencient peu de ceux du reste du Canada (60-64%): la majorité est favorable à la primauté des «valeurs canadiennes». La faible différence entre le Québec et le reste du Canada (ROC) peut s'expliquer par la composition différente des populations.

Le sondage CROP, réalisé du 12 au 17 juin, sonde l'opinion sur la décision prise par la FSQ d'interdire le port du turban. Il montre une différence importante entre les francophones (69% d'accord) et les non-francophones (34%) du Québec. Or, les Francophones sont nettement plus susceptibles de vivre dans un milieu homogène et non urbain où la question de l'intégration des sikhs ne se pose pas. Il ne s'agit donc pas d'un enjeu pour eux. À l'opposé, les «non-francophones», comprenant presque la moitié de membres de communautés culturelles, résident beaucoup plus souvent en milieu urbain. Historiquement, la communauté sikhe a dû se battre pour faire accepter divers accommodements par les anglophones, mais la question est maintenant considérée comme résolue dans ce milieu. 

Il aurait donc été pertinent de distinguer les résidents de l'île de Montréal de ceux du reste du Québec pour voir si l'urbanité était un facteur explicatif. Notons que, dans ce sondage, les opinions sur la commission Charbonneau ne se différencient pas selon la langue. Voilà une deuxième valeur partagée.

Enfin, un sondage Léger, fait les 5 et 6 février dernier, demande aux les répondants s'ils sont favorables à une Charte de la laïcité, si le Québec devrait être une province laïque et si l'égalité des sexes doit primer sur la liberté de religion. Sur cette dernière question, il n'y a pratiquement pas de différence entre les francophones et les non-francophones. Voilà une troisième valeur partagée.

Les différences apparaissent sur les questions relatives à la laïcité, avec une faible majorité favorable chez les francophones comparativement à 26% et 34% chez les non-francophones. Toutefois, la proportion de répondants qui ne se prononcent pas, entre 15% et 35%, est très importante, ce qui amène à conclure que, concrètement, les répondants ne savent pas vraiment ce qu'implique la laïcité. Si la question avait été: «Le gouvernement du Québec veut interdire à tout fonctionnaire de porter un signe religieux, y compris une croix visible dans le cou», par exemple, est-ce que la réponse des francophones aurait été la même?

Enfin, il faut souligner que le lien entre les réponses à des questions d'attitude et les comportements est ténu. Ce n'est pas parce que quelqu'un se dit en faveur de la décision de la FQS qu'il demandera à un jeune sikh de retourner jouer dans sa cour si le cas se présente.

En conclusion, il semble hasardeux de conclure à des différences de valeurs entre francophones et non-francophones. On compare des groupes vivant dans des milieux très différents et on pose des questions sujettes à de multiples interprétations. 

Au final, on en vient à tracer un portrait des Québécois francophones aussi réducteur et biaisé que celui que l'on trace des sikhs ou des musulmans à l'occasion. Les Québécois francophones ne sont sans doute pas plus homogènes que ces derniers.


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« Yes we can ! » : la réforme de l’immigration des Etats-Unis validée par le Sénat  

L’ambitieuse réforme d’immigration du président Barack Obama, devant aboutir sur la régularisation de plus de 11 millions d’immigrés clandestins au Etats-Unis, a été votée par le Sénat américain jeudi dernier. Constituant la première réforme d’immigration depuis 25 ans, elle devrait également induire le renforcement de la frontière des Etats-Unis avec le Mexique, et mettre un terme à la "Diversity Visa", loterie organisée annuellement par le gouvernement américain, qui a déjà permis à plus de 50 000 étrangers de gagner une carte de résident permanent (Permanent Resident Card), donnant la possibilité de vivre et de travailler légalement aux Etats-Unis. L’adoption du texte, voté à une large majorité, a été accompagnée de cris lancés par de jeunes militants présents dans les tribunes, scandant le fameux slogan de la campagne présidentielle de Barack Obama : « Yes we can ! ». Toutefois, s’il s’agit d’une grande avancée, le chemin est encore long avant l’adoption définitive du texte.

 Qu'en Pensez-vous?


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Lettre - Pas de pardon!

29 juin 2013 | Gisèle Filion - Montréal, le 28 juin 2013 | 

Bravo pour l’attitude ferme du gouvernement, qui parle d’une seule voix à ces voleurs qui ont spolié les Québécois. Surtout, qu’ils ne nous fassent pas le coup de brailler sur les emplois que ces entreprises feront perdre aux travailleurs, si elles ferment. Quand ces gens volaient, ce sont tous les Québécois qu’ils volaient, y compris leurs propres travailleurs…


Des entreprises fermeront ? D’autres prendront la relève et proposeront de nouveaux emplois. C’est bien dommage pour ceux qui devront vivre des moments d’incertitude quant à leur emploi. Je compatis avec eux, mais ils pourraient y gagner au change. S’il y a moins de fraude en haut de la pyramide, peut-être cela pourra-t-il se refléter dans le chèque de paye de ces mêmes travailleurs. Si au lieu de se faire voler de 20 % à 30 %, on donnait aux travailleurs ne serait-ce qu’un minime pourcentage d’augmentation, tout le monde y gagnerait. On pourrait aussi exiger des entreprises frauduleuses qu’elles donnent une compensation financière à ces travailleurs qui perdraient leur emploi à cause de leur inconduite.


Bonne chance à tous ceux et celles qui devront assumer les erreurs des autres.



Gisèle Filion - Montréal, le 28 juin 2013


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Publié le 25 juin 2013 à 10h02 | Mis à jour le 25 juin 2013 à 10h02

Prostitution: le CALACS fait le point


Le Nouvelliste

En réaction à la lettre d'opinion «Les filles de la rue de Thierry Évrard» parue le 18 juin 2013.

Dans le cadre de notre pratique comme intervenantes au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Trois-Rivières, nous sommes à même de constater les multiples conséquences du travail du sexe.

Peut-être serait-il facile de croire que le choix de se prostituer en est un. Toutefois, nous ne pouvons pas généraliser cette pensée, cette idée préconçue. Les femmes ne font pas le choix consciemment de se mettre en danger, de se faire violer, humilier, dégrader et même exploiter.

Depuis l'enfance, celles-ci ont eu à vivre une accumulation d'événements malheureux de l'ordre de la violence physique, psychologique et sexuellecommise par des personnes significatives (maman, papa, fratrie, etc.).

De fait, elles ont intégré lapensée que leurs limites pouvaient être franchies, qu'elles n'avaient aucune valeur aux yeux des autres, qu'elles étaient des objets que l'on pouvait utiliser et jeter au gré des intentions de chacun.

Peut-être serait-il facile de croire que dans le cas de la prostitution, l'acte sexuel se produit entre deux personnes consentantes. Dans la réalité, de peur de vivre davantage de violence, les femmes endurent des gestes et des pratiques sexuelles perpétrées à leur égard.

Personne ne se lève un matin en choisissant de risquer sa vie, de détruire son estime personnelle, son intégrité physique ou psychologique, tout ça en étant consentant.

Vous avez raison d'affirmer qu'elles ne font pas cela pour le simple plaisir de «faire l'amour» avec des personnes pour lesquelles elles n'ont aucune attirance et même du dédain.

Donc, nous pouvons en déduire qu'elles ne sont pas si consentantes que cela et qu'elles ne choisissent pas ce mode de vie. Elles le font puisque aucune autre option ne leur a jamais été offerte. Elles n'ont pas eu d'opportunités de se définir autrement que par leur corps physique, ayant été dénigrées et dévalorisées.

Il est facile de croire que cette réalité ne nous concerne pas, que nous n'avons rien à foutre de ce qu'ils vont faire dans la chambre à coucher. Cependant, le seul fait de croire au libre choix déculpabilise le consommateur de prostituées et aussi la société qui banalise la violence sexuelle faite aux femmes.

Sarah Trépanier

CALACS

Trois-Rivières


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Lettre - Montréal, soyons sérieux

22 juin 2013 | Carol Patch-Neveu - Montréal, le 20 juin 2013 | Montréal

Frappant de constater combien de politiciens et de journalistes ne dressent pas d’analogie entre l’état d’esprit actuel de la population, en ce juin 2013, par rapport à celui de 2012, mois pour mois : exaspération totale, urgente envie de changement politique, surtout de leadership.


En 2012, la campagne provinciale, parce que brève, contrairement aux pessimistes prévisions, fut salutaire, quasi thérapeutique : grand intérêt des citoyens, candidats obligés de resserrer leurs propos, fort taux de participation, renouveau politique avec une solide opposition ! On semble avoir oublié cet exemple pourtant très éloquent.


Montréal écimée deux fois ! Laval et Montréal dans le même bateau quant à l’ampleur du système de collusion et de favoritisme ; démission de deux maires en titre. À l’exaspération généralement exprimée par médias interposés s’ajoute l’impatience qu’insufflent les révélations à la commission Charbonneau. L’intérim une fois de plus nécessaire à Montréal, cette fois, dans le contexte où s’effritent des allégeances au sein des partis d’opposition restants, au profit d’une restructuration en vue d’un scrutin. Un autre maire provisoirement, néanmoins un flou qui s’installe et plombe la confiance fragilisée des Montréalais.


Pourquoi a-t-on rejeté aussi rapidement la mise en tutelle ? Pourquoi serait-ce farfelu d’avancer d’un mois la date de scrutin à Montréal et à Laval ? Pourquoi oublier l’exemple de 2012 ?



Carol Patch-Neveu - Montréal, le 20 juin 2013


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Article citoyen :
Marcel Jobin: un honneur grandement mérité


Publié le 28 Juillet 2012 
Renaud Gauthier


Depuis le 26 juillet dernier se déroule, à Shawinigan, la 47e Finale des Jeux du Québec. Depuis ce jour, tous les médias de la région ont rapporté unanimement que la cérémonie d’ouverture fut éclatante et spectaculaire et que les compétitions, jusqu’à maintenant, se déroulent rondement.  Bref, un succès sur toute la ligne grâce à une organisation bien structurée et une armée de bénévoles dévoués à la tâche.  Toute la population de la Mauricie peut s’enorgueillir d’un tel événement.

Au-delà de tout ce triomphe organisationnel, il y a des centaines de jeunes athlètes qui offrent à leurs parents, et à l’ensemble des spectateurs présents, des performances sportives où le dépassement de soi et la fierté de participer sont déjà le gage d’une belle réussite, et ce peu importe les résultats.  L’important n’est-il pas de participer?

À propos de participation, avant même le début des compétitions, il y a un homme qui se démarque de tout le monde.   Dans tous les sens du terme, il s’agit d’un grand homme.  Imposant, autant par son physique que par sa réputation, il fait figure de héros.  Certainement, une grande inspiration pour les jeunes et les moins jeunes.

Cet homme est Marcel Jobin.  Jadis, lorsqu’il courait dans le village de Saint-Boniface, on l’appelait «le fou en pyjama». Précurseur de la marche olympique au Canada, ses exploits, tant au niveau national qu’international, se comptent par dizaines.  Encore aujourd’hui à l’âge de 70 ans, après combattu un cancer il y a quelques années, il participe à des compétitions internationales où il performe et remporte des médailles.

Malgré l’aura de champion et de véritable légende vivante qui l’entoure, Marcel Jobin demeure humble. Depuis le 17 juillet dernier, jour où il a rallumé la vasque olympique des Jeux de Montréal de 1976,  sans prétention, il s’implique activement dans le but de contribuer au succès de la 47e Finale des Jeux du Québec.  De toute évidence, il le fait avec beaucoup d’amour et de passion, autant pour le sport que pour les jeunes athlètes.

À preuve, il a eu l’idée d’offrir, de son propre chef, des morceaux encadrés de la piste d’athlétisme de Shawinigan aux médaillés en athlétisme de la Mauricie.  Derrière chaque encadrement, on retrouve le message suivant : «Afin que tu te souviennes que c’est avec de la persévérance et du travail que l’on atteint nos buts.».  Message simple mais combien vrai. D’autant plus vrai que l’auteur de ce message, Marcel Jobin, est lui-même tout un exemple de persévérance.

Vraiment, Marcel Jobin méritait grandement l’honneur qu’on lui a fait de baptiser la piste d’athlétisme de Shawinigan à son nom,  autant pour sa grande générosité et son dévouement que pour ses exploits.

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Sur la photo, de gauche à droite:  
1ère rangée : Louise-Hélène Houde, Jean-Paul Lacoursière, Angèle Houle-Rebry (pour Gaston Rebry), Solange Lamy
2e rangée : Marcel Jobin, Serge Corbin, Christian Janelle (pour Léo-Paul Janelle), Gérard Milette, Lili Gélinas-Flageol (pour Mme Antoinette Gélinas)


MARCEL JOBIN Sport olympique
 
Peut-être croyons-nous connaître Marcel Jobin? Oui, bien sûr, l’homme qui vit depuis 1968 sur notre rue Principale, le marcheur olympique, le mari de Nicole, le papa de Karine et Philippe. Nous le rencontrons à différentes occasions, un peu partout et ça nous fait toujours plaisir de piquer une petite jasette avec Marcel.
 
Mais le petit gars de Parent, situé aux confins de la Mauricie et de l’Abitibi, l’adolescent de Shawinigan, le Fou en pyjama, le défricheur de cette discipline qu’est la marche olympique, cette histoire, on la retrouve dans son livre le Fou en Pyjama. À travers ces pages, nous retrouvons des récits des différents événements décrits avec détails, émotions, expériences de solitude dans son sport…tout y est!
 
Le petit Marcel Jobin est né à Parent le 3 janvier 1942. Il est le cadet d’une famille de onze enfants. Rien ne le prédispose à une carrière sportive. Il se dit un enfant pas assez bon pour un sport d’équipe.
 
Dans les années ‘50, la famille vient s’installer à Shawinigan. C’est en 1958 qu’il participe pour la première fois à une course de 10 km à Clinton en Ontario lors d’un camp d’été pour les Cadets de l’air.
 
Sa deuxième participation à une course de fond est un parcours de 12 milles organisé à Grand- Mère. C’est là qu’il prend la piqûre de la course et depuis, il n’a jamais arrêté de courir. De 1958 à 1968, il s’adonne à la course de fond et l’hiver, pour continuer son entraînement, il fait des compétitions de courses en raquettes.
 
C’est en 1963 qu’il rencontre Nicole Lafontaine qui devient son épouse en octobre 1966. À cette époque, les souliers de course et les survêtements sont méconnus de la population. Les gens le harcèlent, les enfants lui lancent des pierres et Marcel se voit affublé du sobriquet le Fou en Pyjama. Grâce à l’appui indéfectible de Nicole, Marcel poursuit ses objectifs.
 
En 1967 sur l’invitation d’Yvon Groulx, marcheur olympique, Marcel décide de changer de discipline et se lance dans la marche olympique. Conscient que cette façon particulière de marcher susciterait des commentaires qui ne seraient pas toujours positifs, Marcel commence ses entraînements de nuit accompagné de Nicole qui court à ses côtés et parfois avec un ami, Jean-Noël St-Jean.
 
C’est à la grande compétition à Toronto, pour la sélection des participants aux Jeux Olympiques de Mexico qu’il décroche le trophée tant convoité : celui du meilleur styliste de la compétition. C’est à partir de là qu’il devient Marcel Jobin, marcheur olympique.
 
Dans sa carrière Marcel a participé à :
         Ø 4 jeux Panaméricains (Cali en 1971, Mexico en 1975, Porto Rico en 1979 et Caracas en 1983),
         Ø 2 jeux du Commonwealth (Edmonton en 1978 et Brisbane en Australie en 1982 où il remporte une médaille d’argent).
         Ø 4 sélections olympiques
         Ø 2 participations olympiques (Montréal en 1976 arrivé 23e aux 20 km sous les acclamations de soixante-dix mille
            spectateurs dans le stade. Los Angeles en 1984 arrivé 21e).
         Ø En 77 compétitions nationales et internationales Marcel a terminé 67 fois dans les 5 premières places dont 48 fois 1er et 10 fois 2ème.
         Ø Marcel Jobin est le premier athlète canadien à baisser le temps de 50 km sous les 4 heures et le premier Canadien
            à marcher les 20 km sous la barre de 1hre30.
         Ø En 16 ans de compétitions, il décroche 15 championnats canadiens dont 13 consécutifs.
         Ø Il détient le record des 50 km depuis 1981 en 3 heures 47 minutes 47 secondes.
 
Les principaux prix remportés par Marcel Jobin
         Ø Meilleur recrue canadienne « raquette » 1958
         Ø Meilleur athlète canadien « raquette » 1963, 64, 65,66
         Ø Athlète de l’année du grand Shawinigan 1969, 70,71 Ø Meilleur athlète canadien d’expression française 1972
         Ø Athlète de l’année Gala sportif de la Mauricie 1978 Ø Prix G.O.Julien « Le Droit » 1978
         Ø Athlète par excellence de la décennie Mauricie 1979
         Ø Athlète par excellence du club Médaille d’or provinciale 1979, 80,81. Ø Prix « Maurice Richard » 1980
         Ø Prix « Benjamin Sulte » 1980
         Ø Prix « Mérite sportif québécois » 1981,82
         Ø Prix « Fred Begley Memorial trophy » meilleur athlète canadien sur marche longue distance 1982
         Ø Prix meilleur athlète « Fédération Athlétisme Québec » 1982
         Ø Intronisation au Panthéon des sports de la Mauricie 1985
         Ø Intronisation au Panthéon des sports du Québec 1993
         Ø Finaliste gala Athlète du XXième siècle en Mauricie 2000
         Ø Prix du « Grand Shawiniganais 2002 » section sport 2002
         Ø Médaille du Jubilé de Sa Majesté la Reine Élisabeth II 2003
 
Après sa retraite en Marche olympique, Marcel continue à faire des compétitions catégories « Section Maître ». Au marathon de Boston en 2009, Marcel est arrivé 33ième sur 250 participants.
 
Pour toutes ces raisons et tous ces exploits, il mérite le titre de GRAND BONIFACIEN.

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« Finalement, le con, c'est le salarié.» ... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

« Finalement, le con, c'est le salarié.»

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Pierre-Yves Mcsween

L'auteur est comptable professionnel agréé, professeur d'administration au cégep régional de Lanaudière et chargé de cours à HEC Montréal. Il collabore régulièrement à la section Débats.

Annuellement, des voisins organisent un dîner de cons fiscal. Chacun d'entre eux invite un contribuable payant sa «juste part d'impôts» à venir déguster un repas dans un restaurant chic de Montréal. Avant l'arrivée de leurs invités, les convives expliquent pourquoi ils devraient gagner le concours annuel. Ils effectuent un classement et le dernier paie la facture.

Le premier, un entrepreneur en construction, s'exprime: «J'ai invité Hélène, chef comptable de mon entreprise. Son mari est à la maison et n'a pas de revenu. Imaginez-vous donc qu'elle ne peut pas fractionner son revenu avec celui-ci, même s'ils demeurent sous le même toit. Personnellement, je n'ai pas ce problème. Comme travailleur autonome, je peux affirmer au fisc que ma conjointe et mon fils travaillent pour mon compte. En fait, ils s'occupent officiellement de ma facturation. Je déclare donc un revenu total équivalent, mais ma facture d'impôts est inférieure grâce à ma répartition officielle de revenus. Qui peut véritablement affirmer que le salaire que je leur donne est surévalué par rapport aux services rendus?»

Le deuxième, propriétaire d'épicerie enchaîne: «J'ai invité Jean, mon directeur de la section des fruits et légumes. Imaginez-vous que ce dernier paie son épicerie chaque semaine avec son salaire net! Pour ma part, je n'ai jamais eu véritablement à le faire, puisque parmi les pertes que je déclare, se trouve ma commande hebdomadaire.»

Le troisième, un propriétaire de PME prospère, ajoute: «J'ai invité Steve, un enseignant au primaire. Celui-ci paye tous les frais associés à sa voiture nécessaire pour se rendre au travail. Personnellement, ma voiture Audi est immatriculée au nom de ma compagnie. Dans les faits, je m'en sers principalement pour des fins personnelles, mais je déclare le contraire. Mon fils a d'ailleurs lui aussi une voiture payée par la compagnie pour aller à ses cours au cégep. Comment croyez-vous que le fisc peut réellement détecter cela?»

Le quatrième, un charpentier-menuisier continue fièrement: «J'ai invité Carole, elle travaille dans une cafétéria. Lorsque la période estivale commence, elle perd son emploi et touche l'assurance-emploi. Dès qu'elle travaille quelque part, elle doit cesser de bénéficier de l'assurance-emploi. Pour ma part, lorsque je bénéficie de l'assurance-emploi, je facture de façon postdatée pour pouvoir toucher et l'assurance-chômage et mes revenus de contrats simultanément. Évidemment, je ne parle même pas du fait que je ne déclare pas 30% de mes revenus en me faisant payer en liquide.»

Le cinquième, un dentiste, surenchérit: «J'ai invité François. Lui, c'est le plus tordant. Il a un revenu variable d'une année à l'autre, mais il est imposé sur les revenus gagnés dans l'année fiscale. En tant que propriétaire d'une société incorporée, je peux laisser des revenus dans l'entreprise et différer l'impôt personnel jusqu'à ce que je veuille me verser un salaire ou un dividende. Je peux donc uniformiser mes revenus annuels à ma guise.»

Une chirurgienne conclut: «C'est moi la gagnante! J'ai invité Martin, un infirmier. Comme chirurgienne, je n'ai qu'un seul employeur, c'est-à-dire le gouvernement (par la RAMQ). Malgré mon emploi assuré, le gouvernement considère que j'ai plusieurs clients. Ainsi, même si je devrais être considérée économiquement comme une employée salariée de l'État, je suis payée à l'acte, j'ai donc tous les avantages du travailleur autonome. Mon dernier voyage de famille dans le sud correspondait par hasard à une semaine de formation. N'est-ce pas merveilleux? Une partie de ma luxueuse demeure sert évidemment de bureau aux fins d'affaires!»

Une fois les invités partis, les délibérations s'animent et la chirurgienne conclut: «Finalement, le con, c'est le salarié. Qui s'occupe de la facture? Peu importe, n'est-ce pas un dîner aux fins d'affaires déductible à 50% du revenu d'entreprise?»


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Jacques Villeneuve... (Photo : Graham Hughes, archives La Presse Canadienne)

Jacques Villeneuve

PHOTO : GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

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Le Nouvelliste

Je me proposais d'assister à votre GP3R cet été. Suite à l'annonce de la participation de Jacques Villeneuve à votre GP3R, je me désiste. M. Villeneuve, qui se permet de fumeuses analyses socioéconomiques du Québec, ne mérite aucun respect.

Ses propos, envers le peuple québécois, en font une persona non grata chez nous. Je lui retirerais sa citoyenneté canadienne.

Charles Lavergne

Saint-Hubert

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J'ajouterais nos gens riches et corporations ont un cancer dans leurs cerveaux dépouillé leur bon citoyens qui les rendent riches.
 
Dilapide la richesse du pays dans des paradis fiscaux. Aucune moralité aucun respect aucune valeur et de surcroît se permettre de donné des leçons de morale au peuple. Que vallons-nous? Que ferons-nous face a ces capitalistes sauvage et immoraux.
 
Nous devrions les identifier et définitivement ne plus acheter leurs services. D'autre entrepreneurs qui ont des valeurs et respectent leur terre et enfant qui sont même meilleurs, de cette façon ils auront l'argent qu'il ont besoin que les institutions financières leur refusent. Vous seriez scandalisé de savoir comment la petite élite

reçois l'ARGENT SUR LE COIN D'UN BUREAU OU PLUTOT D'UN COPIEUX REPAS,LOIN DE TOUTES LES PAPIERS QU'IL VOUS DEMANDE.

Pierre Brouillette